30.11.2008

Souvenirs de...

...Paris.

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Après 3 semaines en Afghanistan!!

Bien entendu, Elsa, qui m'accompagnait à La Défense après quelques emplettes au Marais, et un petit quart d'heure passé à jouer au parc avec Charles II, a un peu râlé lorsque j'ai voulu prendre ce cliché.

"- Ce n'est pas bien Charlemagnet de prendre cette photo sans le consentement de cette dame! et son droit à l'image alors?"

- Ce n'est pas mon problème, Elsa. Elle est de dos, totalement anonyme, et la photo est trop tentante."

Bref, Elsa m'a fait la tête un petit quart d'heure...

28.11.2008

Cool...

"Alors Mossieur Charlemagnet, cela s'est bien passé à Kaboul? vous n'êtes ni mort ni estropié à ce que je vois. C'était un peu le club Méd' là-bas" m'a dit le gardien de l'immeuble de PM lorsque je suis arrivé au bureau mercredi matin. Décidemment cet abruti n'avait pas changé. Il était toujours aussi pertinent dans ses analyses. Des analyses à la Johnnie Walker, comme son parfum de bouche préféré. "Et on a fait comme PPDA. On a rapporté un cadeau caché dans son sac" a-t-il rajouté en désignant de sa paluche Charles II, qui me donnait la main.

Je n'ai pas laissé 15 dixièmes de secondes à Luigi pour savourer l'effet de sa petite phrase xénophobe. Paf! Le vigile s'en est pris une belle, de pleine volée dans sa face alcoolique et a chuté, de surprise, de sa chaise par terre.  Elsa a esquissé un petit sourire de satisfaction, même si elle était quelque peu gênée de ma réaction, tandis que Charles II a commencé à pleurer.

Comme d'habitude, à chacun de mes passages, un attroupement a vite embouteillé le couloir d'entrée. Avec Elsa, on ne s'est pas attardé et on a vite emprunté l'ascenseur. Direction le bureau de ma nouvelle chef. Laissant Luigi se remettre des conséquences de ses mauvaises paroles.

Rien n'avait changé dans le mobilier et la déco de ma responsable depuis le départ de Mme L. Sauf quelques objets de tendance baba-cool apportée par la nouvelle locataire des lieux.

Hippie.jpeg

En l'occurrence, une petite boule presque soixantenaire aux cheveux longs bordés de quelques tresses rouge, courte sur pattes, avec des boucles d'oreille rondes immenses, et aussi un peu de poil au menton. 

Son nom? Adèle B. En provenance de Madrid. Mais originaire de Franche-Comté.

"Salut Charlemagnet. Enchantée de te rencontrer. Je suis ta nouvelle responsable. J'ai plus de 25 ans de boîte et je compte bien ne pas faire de vagues jusqu'à ma prochaine retraite. Alors un bon conseil. Cool et zen. Et puis si cela ne va pas, comme cela t'arrive, ... zen et cool".

Waouhhh l'extra-terrestre...

Si j'avais su à qui j'aurai affaire, j'aurai aussi mis quelques feuilles de pavot dans mon sac en rentrant de Kaboul. Pour sa consommation personnelle... Une vraie beatnik soixante-huitarde!

Mais bon elle était hyper sympa. Et je n'ai pas à juger son système de valeurs... Chacun fait ce qu'il veut...! J'ai bien écouté AC-DC plus jeune moi...

Adèle a continué son laïus et j'ai ainsi appris de nouvelles choses sur sa vie perso et professionnelle. Un vrai roman...

Adèle avait pas mal bourlingué dans le monde entier dans sa jeunesse, puis régulièrement lors de chaque vacances, et elle connaissait des tas de trucs insensés.

Mais surtout, elle avait un carnet d'adresses de correspondants à faire pâlir le Guide du Routard, et elle souhaitait qu'on en bénéficie désormais.. héhéhé, je crois bien que je vais fort bien m'amuser dorénavant chez ses amis à pattes d'éph'...

Finis les hôtels intercontinentaux sans âmes. Adèle a obtenu de sa hiérarchie que nous nous imbibions désormais de local et que nous dormions chez l'habitant. Enfin...! Pas des vrais autochtones... mais des gens insérés dans chaque pays depuis des années et qui nous serviront aussi de guides sur le "off".

"ok, I am ready to go, but only after my holidays...." i have said.

"No problemo" fut sa réponse. Cool...

26.11.2008

Place des Vosges

L'autre jour, au retour du magasin à l'enseigne bleu et jaune, Elsa, qui avait retrouvé sa gaieté naturelle,  me remémora notre première rencontre voici tant d'années.

Nous n'étions pas dans le même lycée. Elle était dans celui le plus côté de la ville, un établissement privé installé en plein quartier bourgeois du centre, tandis que moi j'allais dans un établissement public, éloigné du sien de 10 kilomètres et bâti dans un quartier moderne excentré. Nous n'étions pas destinés à nous rencontrer mais avec quelques amis nous préférions les filles de ce lycée aux nôtres. A vrai dire, celles qui allaient en centre-ville étaient pour la plupart originaires de cette grande ville, alors que les nôtres venaient de toute la région et repartaient le week-end. Et en plus, mais ne le répétez pas, elles étaient moins belles... et déjà quasiment fiancées. Alors....

Un jour dans un rallye, cette soirée privée où l'on n'entre qu'après avoir été adoubé, et que sur invitations, j'ai rencontré Elsa... Malgré ma timidité naturelle, j'ai engagé la conversation autour du bar, suite à un verre d'orangeade renversée par inadvertance sur son pantalon... Ce qui la bien fait rire... Tandis que mon visage s'est transformée instantanément comme un caméléon, en un drapeau de torero....

J'ai fait au mieux pour réparer ma gaffe avec des serviettes de papier mais bon... pas terrible!! Elle ne m'en a pas voulu et m'a invité à danser un rock dans la foulée. Je l'avais fait beaucoup rire et elle voulait savoir si dans cette matière j'étais plus adroit. Une amie m'avait inculqué les rudiments de cette danse et j'ai réussi à ne pas l'envoyer dans les tables dressées autour de la piste. L'ambiance était totalement coincée et notre rock a moyennement été appréciée.

Peu de temps après, nous avons continué la soirée chez des amis mais déjà nous étions sous le charme l'un et l'autre. Je l'ai raccompagné ensuite chez elle avec mon solex, et elle m'a dit en blaguant après un petit bisou sur le nez "la prochaine fois, Charlemagnet, je veux un coussin...!". Qu'elle n'a jamais eu... car je n'avais rien pour le ranger... et elle avait honte de celui-ci. Elle avait finalement trouvé sa position idéale, assise en amazone... Mais bon à 2, on n'allait pas très vite, surtout en côte...

Peu de temps avant Noël, j'ai décidé de lui faire la surprise de passer une journée chez une de mes tantes à Paris. Ce fut la dernière fois que je la vis d'ailleurs à cette occasion, car elle ne passa pas l'hiver très rigoureux. Je récupérais donc Elsa au train, à la Gare d'Austerlitz, le samedi matin, car j'étais parti la veille, et nous visitâmes Paris sur le solex de Tante Juliette.

Et oui ma passion de l'engin vient de mon aïeulle... C'est elle qui m'a initié en secret dans les jardins du Champ de Mars alors que je n'avais que 10 ans à peine... Je n'ai d'ailleurs pas pu récupérer son exemplaire de 1966, Mérovée étant passé avant moi... Grrrr...

place des vosges.jpgAprès le déjeuner pris chez Juliette, nous reprîmes notre virée sur le 2 roues noir. Au fil des boulevards, nous avons pas mal erré dans les rues du Vieux-Paris, entre Notre-Dame et le Marais, pour finir par atterrir Place des Vosges... Un endroit que j'adore tout particulièrement... Avec ses nombreux antiquaires, son musée, ses quelques échoppes et ses vieux restos...

Nous avons choisi de reprendre des forces et de nous réchauffer dans un petit salon de thé, logé entre 2 galeristes internationaux, sous les porches. Il faut dire qu'il était temps car, sans gants, j'avais les mains tétanisés... tandis qu'Elsa, plus intelligente, m'enserrait de ses bras et s'était protégée du vent glacial grâce à mes poches latérales.

"Charlemagnet, j'ai passé une super journée aujourd'hui. Jusqu'à présent, j'étais venu quelquefois dans cette belle ville, mais qu'avec mes parents. C'est la 1ère fois que je viens seule. Enfin seule, pas vraiment car tu es avec moi... D'ailleurs, tu me vois très souvent depuis plus de 4 semaines et tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu voulais toujours me voir...et seule...".

Le moment que je redoutais tant arrivait.

Aïe aïe aïe...

J'allais devoir lui faire part de mes sentiments amoureux. Et si elle rigolait ensuite?... Et si elle se moquait de moi?.... je ne la verrais plus....après. J'étais désespéré.

"Alors... Charlemagnet, tu ne dis rien tout à coup?"

"Euh si......"

"Tu sais que j'adore tes bisous sur le nez mais quand même... 

Profitant de sa suggestion inattendue, et voyant que son visage était immobilisé entre ses mains, au dessus de la table, je m'approchais alors de celui-ci. Nous étions installés face à face. Elle ferma les yeux et je réussis enfin à vaincre ma peur. Je déposais, après tant d'hésitations passées, un baiser sur ses lèvres. Elle se laissa faire en me disant "et bien enfin.... tu en as mis du temps...!".

A ce moment-là dans la Mini, j'ai à nouveau souri à l'évocation de ce souvenir... près de 20 ans après...

24.11.2008

Les confidences

les amoureux.jpg"Tu sais, il n'y a qu'une seule personne que j'ai sans doute aimé dans ma vie... Et je l'ai blessé en la quittant de façon futile, alors que je n'aurais sans doute pas dû... Tous les autres, depuis, je ne les ai jamais vraiment aimés comme lui.... J'ai d'ailleurs souvent laissé pourrir les relations jusqu'à ce qu'ils partent..."  m'avait dit Elsa l'autre jour, juste avant de me quitter précipitamment, lors de notre déjeuner dans le relais de chasse.

Puisqu'on était dans les confidences, j'ai réabordé le sujet avec Elsa le lendemain de mon retour en France alors que nous roulions vers X.., afin d'aller chez Ikéa acheter 2 ou 3 bricoles.

Elsa conduisait comme d'habitude avec hardiesse sa vieille Mini Austin noire sur l'autoroute. Elle a alors relâché quelque peu l'accélérateur, s'est câlée derrière un semi-remorque et m'a dit droit dans les yeux "qui veux-tu que ce soit à part toi, Charlemagnet?".

Wouahhh... enfin une vraie parole gentille de sa part depuis notre séparation au siècle dernier.

"Tu as d'abord été le premier de ma liste et le seul aussi à toujours faire preuve de patience et de respect envers moi... Et je t'ai mal traité, je t'ai jeté comme une vieille chaussette, tout ça pour un peu de gloriole adolescente... Si j'avais su... Mais bon on ne refait pas le passé... et sincèrement je serais très heureuse, aujourd'hui, si tu acceptais mes excuses...".

Elle jeta alors un oeil sur le rétroviseur, rappuya d'un coup sur le champignon, et sans mettre son clignotant, doubla avec beaucoup de culot la file de camions. J'ai bien cru que le moteur allait exploser. Et que ma dernière heure était arrivée...lorsque l'on passa à moins de 20 cm des roues énormes du premier mastodonte roulant.

Mais bon, pour en revenir à ma conversation avec Elsa, naturellement, j'ai accepté ses excuses et je lui ai pardonné...

Mais je lui ai aussi expliqué toute la souffrance endurée cet été là, les longues journées de douleur passées à la maison au lieu d'aller faire la fête, la perte d'appétit et de poids.... qui avaient brisé en moi définitivement l'amour que je lui portais. Ce fut quelques mois d'horreur dépressive avant que je réussisse à refaire surface et à renouer des liens avec d'autres filles. Une vraie cassure...mais une cassure salutaire.

Par ailleurs, il était important qu'elle sache aussi que, malgré notre rapprochement récent, et notre petite aventure de 2003, il ne fallait pas qu'elle s'imagine qu'on refasse un bout de chemin, voire plus, ensemble... Au fond de moi-même, la cassure était totale et définitive...

Là, j'ai bien vu son petit rictus au coin des lèvres, ainsi que la crispation soudaine de sa main droite sur le levier de vitesse. Mais je tenais à être franc. Et elle s'en doutait aussi, je crois, même si elle espérait le contraire...

Elsa a conservé le silence quelques minutes. Elle réfléchissait à haute vitesse. Tout comme la Mini qui tremblait énormément à 160 km/h. 

"C'est sans doute mieux ainsi Charlemagnet... car on a tous les 2 une vie un peu compliquée...et je sais que tu t'es reconstruit différemment ".

Ce à quoi j'ai répondu à peu-près :"Tu sais Elsa, je te considère plus comme ma soeur désormais. On a fait beaucoup de choses ensemble et je ne l'oublierais ni ne le renierais jamais. Plus rien, et ç a j'y tiens, ne pourra nous séparer désormais... sauf la mort. Je serais toujours là, si tu le désires, pour t'aider... Mais en ami. Pas en couple, non! ce n'est pas possible... Ce n'est plus possible. Je ne suis presque jamais là... Et je ne suis sans doute pas un bon modèle de paternité... Sans compter que j'ai Théophile aussi et que j'ai quelqu'un d'autre dans ma vie...".

Elsa a encaissé toutes ces confidences sans sourciller. Malgré tout, un gros silence a envahi l'habitacle et on n'a alors plus entendu que le fond sonore grésillant de la radio. Tout ce que je devais lui expliquer, et de vive voix, venait d'être dit. Je ne voulais pas entretenir davantage, le cas échéant, tout espoir vain de concubinage dans son esprit.

On arrivait au péage et grâce au petit rétro, j'ai bien vu une larme glisser sur chacune de ses joues. 

"Ne t'inquiètes pas Elsa. Comme je te l'ai dit, je serais toujours là le temps que tu refasses surface. Mais plus comme un amant. Plutôt en ami...!." Elle était vraiment très affectée. Mais il fallait que cela soit clairement signifié et répété...

Pour conclure cette demie-heure de petites confidences, je m'approchais alors de sa joue, et j'y déposais un petit bisou. En toute amitié.

La messagerie de mon portable bippa à ce moment précis. "Elle" était bien rentrée de Kaboul.

(à suivre)

23.11.2008

J'y étais...

Quant à cette chanson là, c'est une de mes préférées....

22.11.2008

Inoubliable...

L'autre jour, Elsa m'a prêté sa Mini Austin.

La radio était nasillarde et inaudible.

J'ai fouillé dans la boîte à gants et retrouvé cette chanson, sur une k7.

Waaaaouuuhhh.....

Inoubliable....

J' adore.

21.11.2008

Charles II

789.JPGComme je vous l'ai dit en début de semaine, alors que j'étais donc chez Elsa, assis sur le canapé du salon, j'ai enfin pu apercevoir le visage de ses 2 enfants.

Si le petit dernier, Louis, ressemblait incontestablement à sa mère de par ses traits fins et sa chevelure, l'aîné de 5 ans, à savoir Charles, a provoqué en moi un choc terrible. Oupsss... Alors là je ne m'y attendais pas.

Charles ne ressemblait pas du tout, mais alors pas du tout à sa mère.

A son père, oui...

Qui, je peux vous le dire aujourd'hui, n'est pas moi.

Charles avait donc sur la photo un joli minois au teint d'ébène, encadré de magnifiques petits cheveux frisés. Il était adorable.

Mais il ne me ressemblait pas du tout.

Les petits extras de février 2003, lors du mariage de Marc-André, n'ont donc pas surchargé ma barque paternelle. Mais j'étais prêt à assumer quand même, le cas échéant...

Elsa me narra alors dans le détail (enfin presque) les circonstances de la conception du petit Charles. Son séjour en Afrique avec un ami étudiant parisien, mais sénégalais d'origine. Elle aimait beaucoup Driss et n'avait pas su résister à ses charmes.

"Lorsque j'ai rencontré Benoit, quelques mois après ce mariage en Touraine, je savais déjà que j'étais enceinte. Et Benoit l'a su immédiatement. Il a accepté cette grossesse, car il était fou amoureux de moi... D'ailleurs, j'aurais pu avorter à ce moment-là, car il était encore temps, mais il n'a pas voulu...et moi non plus.

Mais j'ai bien vu, lorsque Charles est né, son immense déception... Une déception qu'il avait du mal à cacher au quotidien à chaque fois qu'il devait sortir dans la rue avec Charles. Benoit n'a jamais aimé Charles. Il lui a toujours reproché, sans le dire bien sûr, sa couleur. Charles ne pouvait pas passer pour son fils. Il ne l'a d'ailleurs jamais reconnu en mairie...." m'expliqua Elsa, le visage triste. Les paroles de Benoit me revînrent aussitôt à l'esprit : "...elle me gonfle avec son fils, le Charles,...depuis des années...".

Lorsque Louis est né, Charles n'a plus compté à ses yeux du jour au lendemain. Et Benoit ne s'en est plus occupé du tout... Charles en a beaucoup souffert, et moi j'ai commencé alors à me poser beaucoup de questions sur mon avenir, avec ou sans Benoit... Finalement, il est parti, et j'en suis fort aise...Grâce à toi!! Remarque c'était un peu volontaire de ma part de laisser ta carte en évidence. Charles ne souffrira plus désormais...".

La tension était grande lorsqu'Elsa me raconta tout cela. Et je le comprends. Faire subir à un petit enfant autant de discriminations seulement à cause de sa couleur de peau n'était pas juste et totalement immoral. 

"Tu sais Charlemagnet, j'ai cru pendant 9 mois que cet enfant était le tien. J'aurais bien aimé d'ailleurs... Néanmoins, si Charles s'appelle ainsi , et cela tu es le premier et le seul à le savoir, c'est parce que j'ai voulu te rendre hommage. Et en souvenir..." m'avoua-t-elle aussi dans la soirée. Au moment où nous arrivâmes au cinéma pour voir "Mesrine".

Dur pour moi de me concentrer ensuite!

 

20.11.2008

Un petit extra

cracotte.JPGNoir. J'étais vraiment très noir lorsque je me suis réveillé au petit matin dans le lit. Seul. Avec aucun souvenir de la nuit passée. Mais nu. Totalement nu.

Elsa, qui squattait déjà la salle de bain, a alors passé la tête dans l'entrebaillement de la porte et m'a dit en riant "Charlemagnet, tu n'as pas été très sage cette nuit. Regarde ce que tu m'as fait dans le cou. J'ai une marque désormais...". Oooohhh...j'avais sans doute éternisé un baiser dans le cou de cette chère Elsa.

"Imagine ce que les gens vont penser tout à l'heure. Même avec mon foulard, j'ai du mal à cacher ton passage...". m'expliqua-t-elle ensuite en prenant sa douche.

De mon côté, j'en profitais aussi pour faire une inspection de mon corps. Je dois dire que celui-ci avait aussi souffert de la nuit. J'avais beaucoup de marque de rouge à lèvres sur le torse, quelques traces de dent sur ma cuisse, et mes lèvres étaient gercées et imbibées du parfum d'Elsa...

"Je crois bien, Charlemagnet, qu'on a fait un petit extra cette nuit" continua-t-elle, en rentrant dans la chambre, déjà vétue de ses sous-vêtements.

"Tu n'as rien perdu de ton talent, même si tu es plus adroit qu'avant... Allez rhabille-toi vite car on doit être chez Marc-André dans 20 minutes. Elsa passa alors tout près de moi à la recherche de sa robe, et je la plaquais sur le lit au passage. Hop là!!

"Je crois que ce n'est pas très juste, Elsa.. Toi tu te souviens de tout, et moi de rien..." lui répondis-je alors, tout en la serrant doucement contre moi.

Je déposais 2-3 tendres baisers sur son front et sur son nez, tandis qu'elle se laissait faire docilement, un petit sourire de bonheur illuminant encore plus son visage. Nous nous embrassâmes alors. Le 1er baiser dont je me souvienne, depuis nos années lycéennes et notre séparation. Elsa continua à se laisser faire...

Tant et si bien que nous fûmes en retard chez Marc-André ce midi-là...

19.11.2008

C'est à quel sujet?

Ce sont les mots prononcés par Bertille lundi matin, à l'aube, lorsque cela a sonné si matinalement chez elle...

Il était 6h48.

Maria n'étant pas de service encore avant 7 heures, elle a donc du se lever et s'acquitter seule de quérir l'identité du visiteur.

"Madame, on vient pour les solex. Charlemagnet m'a demandé de les récupérer ce matin. Me voici donc.!" a dit la voix.

Une voix féminine.

Bertille a ensuite passé la tête par la fenêtre pour voir le visage de ma soeur, Carlamagnet. Solidement encadré par 2 de mes cousins rugbymen, Mérovée et Clovis.

Bertille n'a guère eu le choix. Elle est sortie de son appart' et a ouvert la porte du garage à vélos, dans le hall de l'immeuble, où mon 3.800 et mon e-solex étaient entreposés depuis quelques mois. J'aimais bien m'en servir pour aller flâner dans les rues de Paris et doubler ces maudits vélos municipaux, ces vélib' tous moches.

TUBE JAUNE.JPGMérovée et Clovis ont d'abord précautionneusement rangé mes casques Rose et Union Jack.

Puis ce fut le tour de mes 2-roues, dans le "tube" Citroën, également appelé "1.000 kilos" dans les campagnes françaises, repeint en couleur jaune,  et à bandes latérales noires (pour le côté "sport"), qui appartient à l'entreprise de brocante de ma soeur.

Et tout ce petit monde s'en est retourné vers St-Ouen. Il était 6h58.

Laissant Bertille, seule et mal réveillée sur son pas-de-porte.

Bien fait!

18.11.2008

Les bonnes résolutions

PhotoFunia_a73d charlemagnet.jpgAprès la mairie, la tournée des grands-ducs s'est poursuivie à l'Eglise. C'est dur pour moi les églises. C'est un bel endroit que je respecte, mais il y fait toujours froid et surtout en février en pleine campagne. L'air y est aussi souvent saturé à cause des chauffages à fuel mis en place pour réchauffer l'assistance. Et surtout on est enfermé entre 4 murs. Le seul moyen de regarder à l'extérieur, mon grand plaisir, peut se faire par les vitraux, mais bonjour la vue. Rien! mis à part des scènes bibliques ou guerrières illuminées par les rayons du soleil.

Heureusement, il y avait Elsa. Elle venait tout juste de rentrer d'un petit séjour en Afrique, comme d'habitude, et elle était donc toute bronzée. Et aussi appétissante, mais bon ça je ne dois pas le dire... Elsa s'est donc installée à côté de moi, et on a discrètement papoté, tantôt debout, tantôt assis sur les vieilles chaises en paille, en fonction des recommandations du curé. Tant et si bien que tout est passé hyper vite et que le moment de jeter du riz sur nos hôtes est vite arrivé... Ensuite, nous avons rejoint la salle des fêtes pour le vin d'honneur offert à la population par Maître P., le père de la mariée, adjoint au maire dans cette commune et notaire à quelques kilomètres de là. Avec Elsa, on a retrouvé d'autres amis, jusqu'alors éparpillés dans la foule, et le vin blanc nous a bien fait réchauffé. Je passe sous silence le déjeuner et le dîner, donnés dans un restaurant du coin, un peu longuets quand même mais assez joyeux aussi.

Entre-temps, Elsa m'avait demandé un petit service personnel. Elle n'avait pas eu le temps de réserver une chambre d'hôtel et Marc-André lui avait confirmé ma venue. Elle ne s'est donc pas inquiétée outre-mesure, connaissant ma générosité d'âme. Je lui ai dit qu'il n'y avait pas de problème à ce qu'elle dorme dans ma chambre, mais qu'il n'y avait qu'un seul lit. "Ne t'inquiètes pas pour cela, Charlemagnet, on fera comme avant. Je dormirais à côté de toi, si cela ne te dérange pas?". Ce à quoi j'ai répondu "Mais non voyons Elsa, cela ne se fait pas. Je vais dormir dans le fauteuil à côté...".... "Si tu veux alors, c'est gentil..., mais évite d'en parler aux autres s'il te plaît. Je préfère..."a clos notre discussion, et heureusement car Rémi et Nina arrivaient alors pour nous inviter à danser un rock.

En rentrant à l'hôtel dans la nuit avec Elsa, nos bonnes résolutions sont vite tombées à l'eau. On a d'abord retrouvé nos vieilles habitudes de nous dévêtir, l'un devant l'autre, sans gêne. Puis, on n'a vraiment pas pensé à récupérer nos pyjamas dans nos bagages. Et on s'est couché ensemble, sans nous en rendre compte (ahhh ce champagne...!), et sans en mesurer les éventuelles futures conséquences,  mais en rigolant, dans le lit froid de cette pièce austère et mal chauffée. On était quasi nus, voire nus, car je ne me rappelle plus.

Bah oui... je sais, c'est balot d'oublier cela...!

Inutile de dire que ce qui ne devait pas se passer arriva lorsque la lumière s'est éteinte...

(à suivre)

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