26.12.2008
48 heures
De retour à Kaboul, nos chemins avec Luana se sont un peu séparés. J'avais tout un tas de choses à faire pour le compte de PM, et elle aussi.
Je ne l'ai revue que 2 fois.
La première à l'occasion d'une soirée quelques jours avant mon départ.
J'étais en train de discuter, confortablement assis dans un fauteuil, avec des hôtesses de l'air argentine et japonaise lorsqu'une main se posa sur mon épaule. Luana... Je l'invitais à se joindre à notre tablée et la conversation reprit de plus belle.
Ce soir-là, Luana avait quitté ses affreux vêtements informes au profit d'une jolie tenue un peu bobo. Des legs-in noirs sous une jupe de coton grise, des bottines de belle facture en cuir marron, un pull en V foncé, et un blouson de cuir court vintage... Je découvrais même à un moment donné, lorsqu'elle se baissa à terre pour ramasser une fourchette, un petit tatouage sur sa hanche. Un L majuscule...
Peu après, les hôtesses nous quittèrent afin de rejoindre leur hôtel et je restais seul avec Luana. Une certaine complicité était née suite à notre escapade au pays des papillons. Mais sans plus!
On avait oublié le vouvoiement initial et Luana se confia un peu plus sur elle, après que je lui ai expliqué, à sa demande, les méandres compliqués de ma vie sentimentale...
Elle habitait avec une amie dans un grand appartement du sud de la france et s'y plaisait assez. Le climat, la proximité et l'anonymat d'une grande métropole lui convenaient parfaitement. Auparavant, et jusqu'à l'année passée, elle logeait ailleurs dans la même ville avec son ex-ami, mais cela était fini désormais entre eux, depuis qu'elle avait appris tous les frasques de celui-ci. Elle avait donc déménagé et mis fin à sa liaison.
On continua 3 longues heures à parler et à boire dans les fauteuils de nos hôtes. La soirée touchait à sa fin, il ne restait pratiquement plus personne quand je lui proposais de partager mon taxi pour rentrer. Elle accepta bien volontiers. Lorsque le 4X4 s'arrêta devant son hôtel, elle fila en coup de vent, puis revînt aussitôt vers l'arrière du véhicule. Et là, à ma grande surprise, elle me gratifia d'une petite bise sur la joue... "A bientôt Charlemagnet!"
La seconde fois, Luana me rejoignît un après-midi à mon hôtel pour travailler sur le bouclage de certains papiers communs, avec quelques amis. Nous travaillâmes d'arrache-pied et les heures passèrent vite. Au moment du dîner, Pierre souhaita me confier en aparté une confidence.
"Je ne sais pas si tu as remarqué Charlemagnet... Mais c'est impressionnant... Luana n'a d'yeux que pour toi en ce moment... Hier j'étais sur une base militaire avec elle, et elle m'a posé tout un tas de questions, sans en avoir l'air, sur toi. Elle m'a même demandé si tu faisais souvent le coup de celui qui fait semblant de dormir... Mais je n'ai pas compris... Bref...!... Et cet après-midi, elle a passé son temps à te dévisager discrètement.. Regarde ses yeux qui brillent... Incroyable... Je crois bien que tu lui fais quelque chose..."
Inutile de dire que j'ai mal dormi cette nuit-là... Surtout qu'après cette conversation sur le balcon, j'ai croisé plusieurs fois son regard ensorceleur qui me sidérait et me tétanisait. J'avais l'impression qu'à tout instant j'allais me noyer dans ses yeux clairs. Le pire a été le moment où Luana nous a laissé. Alors là, nous avons, Dieu seul sait pourquoi, été assez gauche tous les deux. Car pendant près d'une minute nous n'avons pas pu, devant les autres qui nous dévisageaient, articuler un mot de salutations. Nous étions ailleurs, dans un autre espace temps, les yeux dans les yeux... Ce fut Pierre qui nous ramena à la réalité en interpellant Luana. "File vite, la voiture de l'ambassade est en bas!".
Je n'ai pas réussi à la revoir. Ni à la joindre au téléphone avant de prendre mon avion pour rentrer en France.
"Je suis bloquée sur une base depuis quelques jours... Je voulais t'accompagner à l'aéroport mais c'est impossible... Je t'appellerais dès mon retour à Paris. Tu me manques. Bisous. Luana".
Voici le contenu du SMS que j'ai reçu de sa part au moment d'embarquer.
Vous comprenez donc pourquoi j'ai été si malheureux pendant 48 heures.
Jusqu'au moment où elle m'a enfin averti de son arrivée alors que j'étais en voiture avec Elsa.
Mais cela je vous l'ai déjà raconté...
(à suivre)
07:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
et ce premier baiser alors? on n'a toujours pas les détails.
Ecrit par : laure m | 26.12.2008
Donc ceci explique cela !
Ecrit par : M'dame Scoffield | 26.12.2008
à Laure M:
et voilà! depuis hier tu en sais plus! héhéhé....
à M'ame Sco':
tout à fait!!
Ecrit par : charlemagnet | 30.12.2008
il y a une constante chez toi : elles ont toutes un L tatoué sur la fesse gauche ! Ca doit faire mal de se faire tatouer : beurk, j'aimerais pas trop ça moi.
Ma copine Louise, bien que son prénom commence aussi par un L, n'a pas de tatouage !?!?!?
C'est sympa de partir plusieurs jours, quand on reveint, on a plein de lecture.
Ecrit par : Louise | 30.12.2008
à Louise:
le tatouage est très répandu désormais, et dans toutes les couches de la société! je crois que c'est plutôt un hasard pour Bertille et Luana, car les autres n'ont rien, à part des grains de beauté (cachés)
Ecrit par : charlemagnet | 01.01.2009
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