05.01.2009

A nos amours... (par M+)

054.JPGC’est un bien étrange message que je reçus ce matin là.

Par l’intermédiaire de mon blog, elle m’envoya un mail bref et concis. Qui ne laissait aucune place au doute !

Elle, c’est Bertille.

Ce n’est pas le nom qui figurait dans son adresse électronique, mais c’est celui qu’elle utilisa pour signer. Celui qui me permît de l’identifier aussitôt.

Le texte était clair. Elle avait eu vent par des connaissances bien intentionnées de l’existence du blog de Charlemagnet. Et l’étalage de sa vie privée, voire intime, à la vue du monde entier ne lui plaisait guère. Elle avait décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce. Mais pour cela, elle désirait organiser une rencontre pour planifier la chose.

Au premier abord, je trouvais l’idée complètement farfelue. Pourquoi ne pas simplement lui demander de retirer les passages incriminés ? Comment pouvait-elle être certaine que j’allais jouer son jeu ? Pourquoi irais-je comploter contre Charlemagnet ? Je n’ai rien en commun avec lui, si ce n’est quelques échanges de commentaires via nos blogs respectifs et surtout, aucun grief contre lui. Et vous savez que je ne suis pas homme à vouloir le malheur de mon prochain (hein que vous le savez ?). C’est ce que je lui répondis, avec ma plus belle prose et mon plus beau sens de la diplomatie.

La réponse fut moins directive et plus futée que le premier message. Elle me proposait une rencontre dans un lieu neutre et surtout, quelques surprises !

Je ne fus pas dupe et je sentais qu’il y avait un traquenard possible là-dessous. Mais curieux comme je suis, j’acceptais. Car j’adore les surprises (et les rencontres).

Le lieu choisi fut, comme par hasard, le café Branly. Ce qui ne manquât pas de me faire sourire (avait-elle, à moi aussi, quelques boxer-shorts à restituer ?). J’arrivais en avance. D’abord parce que je déteste faire attendre pour un premier rendez-vous et aussi parce que j’aime repérer les lieux. Sans doute agréable à la belle saison, l’endroit était froid et frigorifiant en cette fin d’année. Seuls les quelques enfants jouant dans les allées du jardin jouxtant le café animaient les lieux. Et ce n’était pas l’intérieur, fait de béton nu, d’acier et de verre qui allait me réchauffer. Je m’installais sur une de leurs magnifiques chaises de camping qui leur servait de déco design et patientais quelques minutes.

Lorsqu’elle entrait, malgré les années, je la reconnus aussitôt ! Et tout s’éclaircit dans mon esprit ! Le puzzle que Charlemagnet avait mis en place dans ses billets, brouillant les cartes, changeant les prénoms, les lieux, les dates (et inventant purement et simplement à l’occasion), s’organisa instantanément. Elle avait eu raison de me faire venir, la surprise était de taille !

Elle s’approcha avec un large sourire et me tendit la main : ‘’Bonjour Jean-François ! Ou plutôt devrais-je vous appeler Monsieur Plus. Comment allez-vous depuis tout ce temps ?’’

Elle ne s’était pas trompée en me contactant. Elle savait qu’elle pourrait compter sur moi pour sa vengeance.

Comme Charlemagnet, mais quelques années plus tôt, j’avais élu domicile dans la pension familiale que tenait Bertille. Il ne fallut que quelques semaines pour que des liens particuliers se tissent avec Gonzague, son époux. Bertille n’ignorait rien de la situation et elle s’en accommodait parfaitement. Elle connaissait ses préférences depuis longtemps. Comme elle me l’avait confié une fois, elle avait épousé un nom et une situation, pas un mari. Dans son milieu, pour faire un beau mariage, il faut de bonnes raisons. Et l’amour n’en fait pas partie. L’amour, ça va, ça vient. C’est secondaire.

Les mois passant, je devins son préféré. Une idylle était née entre nous.

Tandis que Bertille se glissait discrètement dans la chambre de mon voisin, je m’éclipsais pour rejoindre Gonzague dans sa garçonnière de la rue Clovis. Ces petits arrangements durèrent un certain temps. Puis mon voisin de chambre ayant terminé ses études, c’est un certain Charlemagnet qui nous rejoignit pour la rentrée. Bertille n’avait plus d’amant… et moi, toujours le mien.

Mais un week-end d’avril, alors qu’il devait me retrouver à son retour de la campagne, c’est Bertille que je vis pousser la porte de l’appartement. La mine grave et les larmes aux yeux, elle m’annonça le suicide de son mari.

Le choc fut violent.

Le premier grand amour de ma vie venait de disparaître.

Nous restâmes dans les bras l’un de l’autre de longues minutes. Nous qui n’avions que peu en commun, ce drame nous rapprochait, nous faisions douleur commune. Elle aussi l’aimait, à sa manière.

Tandis qu’elle partait organiser les funérailles, je rejoignais la pension.

La vie continua mais le cœur n’y était plus. Je quittais prématurément mes études prometteuses, la confortable maison et la bruyante capitale peu de temps après. Je n’avais plus de but.

Je ne gardais aucun contact. Le hasard m’orienta vers le sud, où je vécus de petits boulots, passant d’hébergements de fortunes en amants occasionnels. Touchant à peu près à tout ce qui était illicite. Je me perdais pour oublier.

Ce sont mes parents qui me retrouvèrent, avec l’aide de la police locale. Je restais chez eux quelques temps, à me soigner, à me reconstruire. Ils m’aidèrent beaucoup. Le moral et la motivation revenus, je repris mes études dans l’université voisine. Puis, je partis faire un stage à l’étranger.

A mon retour, je trouvais un emploi fixe et retrouvais Paris. Mes goûts n’avaient pas changé, mais je fis mienne la devise de Bertille.

C’est dans un petit village de la campagne normande que je me mariais. Et je reportais l’amour que je n’avais jamais eu pour une femme vers les deux enfants qui naquirent de cette union. Une vie normale : une femme, des enfants, une maison, un travail, un blog.

Devant mon thé labellisé ‘’commerce équitable’’ et mon assortiment de cakes fait ‘’maison’’, je l’écoutais me raconter la vie de la pension après mon départ. Sa vie sans Gonzague, ses aventures. Elle n’avait jamais été la maîtresse d’un seul homme et ne l’était toujours pas. Cette femme que je n’avais pas vue depuis tant d’années se confiait à moi avec une étonnante envie de tout déballer. Un jour, récemment, qu’elle avait décidé de mettre un grand coup de balai dans sa vie, elle se mit à se séparer des affaires de son ancien époux. Elle tria, rangea, jeta… jusqu’à tomber sur deux lettres cachées dans le fond d’un secrétaire.

Elle me tendit la première.

L’enveloppe était vierge. Ni adresse, ni destinataire. Le courrier tenait en une ligne :

‘’Je sais tout de vos amours. Mon silence est à vendre.’’

Pas de nom, mais une fleur en guise de signature. Pas besoin d’être historien pour la reconnaître. Aucun doute possible, il n’y avait qu’une personne à la pension, si fière de ses origines, qui fût capable de signer de la sorte.

La seconde lettre était de la main de Gonzague. Elle complétait celle trouvée sur lui le jour de son décès. Il expliquait son geste, le chantage depuis des mois, sa situation, son honneur, la honte qui serait retombée sur toute la famille, et sur Bertille en particulier. Partir était devenu une évidence pour sauver ceux qu’il aimait. Sa façon de sortir la tête haute.

C’est donc le honteux chantage exercé par Charlemagnet qui avait poussé Gonzague à commettre l’irréparable. Et Bertille ne pouvais laisser ce crime impuni.

Pour l’avoir facilement charmé malgré leur différence d’âge, Bertille savait que Charlemagnet ne résistait pas longtemps aux atouts féminins. Elle se mit en quête de la perle idéale. Belle sans être top model, douce, calme et posée, instruite. Elle n’eut aucune difficulté pour lui obtenir une carte de presse et un billet direct pour Kaboul.

Luana n’en était pas à sa première prestation, mais c’est la première fois qu’on lui offrait un séjour dans un pays en guerre. Un peu d’aventure la changerait des sorties expos ou restos.

Bertille savait que les conditions matérielles et psychologiques du voyage afghan étaient de nature à rapprocher les plus récalcitrants. La première phase de son plan fonctionna parfaitement. Luana avait réussi à imposer sa présence en douceur. A tel point, que Charlemagnet passait actuellement ses congés avec elle dans le sud-ouest de la France.

Le plan de Bertille en était à ce stade lorsqu’elle m’expliqua ce qu’elle attendait de moi.

Je n’eus pas besoin de planquer longtemps pour constater que le couple paraissait bien s’entendre… et même plus.

Tant mieux, cela ne rendrait que plus plausible la suite des évènements.

Je me suis fait héberger chez une vieille connaissance, toujours trafiquant à ses heures.

Grâce aux renseignements fournis par Bertille, je n’eus aucun problème pour mettre en place mon repérage.

En revanche, n’espérez pas que je vous dévoile la suite des évènements. Mon mode opératoire doit rester secret et nul ne doit pouvoir remonter ma piste.

Je peux juste vous parler des conséquences.

La garde à vue de Charlemagnet vient de se terminer.

Il sera placé en détention préventive le temps de l’enquête.

Il n’a pas pu expliquer son geste aux policiers.

Et pour cause, le malheureux ne doit pas se souvenir de grand chose. La pauvre Luana s’en est sortie de justesse et ne devrait pas garder de séquelles.

Mais il lui faudra tout de même quelques temps pour s’en remettre.

Et Charlemagnet ne doit pas compter sur elle pour le disculper. Sa mémoire va lui faire défaut à elle aussi. Quel dommage ! Ils formaient un si beau couple…

De retour à Paris, devant une coupe de son meilleur Champagne :

‘’Trinquons mon cher Monsieur Plus ! Nous l’avons amplement mérité.‘’

‘’A nos amours ?’’

‘’A nos amours !’’

par Monsieur +

Commentaires

non pas Luana quand même!! elle n'a pas fait cela...!

Ecrit par : laure m | 05.01.2009

Charlemagnet, faire du chantage ? Quelle cruelle désillusion, l'année commence bien. Et si c'était plus compliqué que ça ? Si quelqu'un d'autre voulait lui nuire ?

Ecrit par : Gwen | 05.01.2009

Le monde s'écroule : M+ a viré sa cutie !

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

>> laure m : Luana n'était qu'un moyen d'atteindre Charlemagnet. On dira que c'est un dommage collatéral.
>> Gwen : preuve que sur un blog on peut se contruire une image bien loin de la réalité.
>> Louise : preuve que sur un blog on peut se contruire une image bien loin de la réalité (et inversement).

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

Tout dépend de son degré d'imagination. Finalement j'en ai très peu d'imagination ...

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

>> Louise : pareil pour moi.

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

à M+:
tu seras le blog-master sur cet article. je te laisse tout gérer.

alors comme ça on a manipulé ma pauvre Luana!! et on a batifolé avec feu Gonzague!! ooooohhhhhhhhhhhh.....

Ecrit par : charlemagnet | 05.01.2009

l'expression Culbuter n'est pas tromper prend tout son sens ici ! N'est-ce-pas OUI-OUI ?

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

"Les mois passant, je devins son préféré. Une idylle était née entre nous"
on se croirait à la cour d'Henri III, avec les mignons en jupette...
mais oooooooooohhhhh de là à parler de culbute!! peut-être pas! c'était sans doute platonique?

Ecrit par : charlemagnet | 05.01.2009

>> Charlemagnet : on ne l'a pas manipulée, on l'a payée... sans lui donner tous les détails de l'opération. C'est tout.
>> Louise : je n'ai ni bonnet à clochette, ni voiture rouge et jaune. Mais en effet, tout fini par s'expliquer :)

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

>> Charlemagnet : tu sais, la philosophie et moi...

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

à M+:
en tous les cas, même si elle a été payée, il y a des moments où elle a parfaitement accompli son "travail". sans se forcer...

Ecrit par : charlemagnet | 05.01.2009

> M+ : et moi qui t'imaginais en Kangoo jaune !

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

à M+:
mais c'est quand même horrible toute cette histoire de manipulation!
quant au reste, aux échanges physiques, je suis mdr!

Ecrit par : laure m | 05.01.2009

à Louise:
La kangoo jaune a une certaine réputation le soir vers Boulogne. Avec des rideaux mats, un bon matelas rembourré, un petit chaufage d'appoint branché sur l'allume-cigare, certains brésiliens arrivent à se faire beaucoup d'argent...

Ecrit par : laure m | 05.01.2009

là, ma vision du kangoo change du tout au tout !
Ca me rassure !

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

Charlemagnet s'est fourré dans un sacré bourbier, Il se fait avoir par où il a pêché "les Femmes"...et Bertille le sait bien... elle n'a pas fini de jouer....du coup, je me demande si elle n'a pas un peu joué avec nous... mince c'est vrai... Charlemagnet est notre ami et on s'est un peu laissé emporter par Bertille lors de nos rencontres secrètes...aie aie aie... la suite ne laisse rien présager de bon.....mais... trop tard, la machine est en marche.....

Ecrit par : ysa | 05.01.2009

>> Charlemagnet : c'est ce qu'on appelle s'accomplir dans le travail.
>> Louise : désolé de te décevoir. Mon Kangoo est vert pomme !
>> laure m : c'est horrible, c'est vrai. Mais quand on veut arriver à ses fins, tous les coups sont permis.

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

cela marche aussi dans un berlingot ou dans une logan break!! le tout est de trouver son petit confort afin d'assumer ses besoins physiques...

Ecrit par : laure m | 05.01.2009

j'en étais sûre !!!

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

Bertille a de la chance que je sois en train d'attendre mon avion en ce moment! sinon j'irais lui botter derechef l'arrière-train!!
et dire que je croyais que M+ était un ami... il a osé faire cela avec le mari puis sa veuve...ooohhhhhh...!!!!
je reporte donc tous mes espoirs sur ysa, m'ame sco' et louise! qui j'en suis sûr ont su déjouer les pièges de bertille..!

Ecrit par : charlemagnet | 05.01.2009

> Charlemagnet : tu dis "Bertille ne tient pas l'alcool et ... " Et quoi ????

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

>> Louise : mais je vais bientôt la revendre pour acheter une Logan break rouge.
>> Charlemagnet : "et dire que je croyais que M+ était un ami" : je ne suis ami qu'avec les gens avec qui j'ai couché. Choisi ton camp !

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

> M+ : c'est bien aussi la Logan break. Je ne suis pas sûre pour le rouge par contre.

Allons nous assister à une nouvelle coucherie en direct ???

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

Bertille n'est qu'un colosse aux pieds d'argile, moi je vous le dis par expérience !

Ecrit par : M'dame Scoffield | 05.01.2009

>> Louise : je pourrai ainsi me faire croire que j'ai une voiture de sport. Tout n'est qu'illusion.
Ne crois pas que tu vas assister à notrre coucherie en direct. Je suis contre. En revanche, tu pourras le voir en léger différé dès que j'aurai mis la vidéo en ligne.

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

> M+ : chiche ?

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

>> Louise : pour la voiture rouge ?

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

Tu vois tu te défiles ...

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

>> Louise : non pas du tout. Le break rouge servira de décor à nos amours. La mini, c'est vraiment trop petit.

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

tu as la tête qui dépasse de la mini, c'est ça ?

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

C'est à peu près ça, oui !

Ecrit par : monsieur plus | 05.01.2009

vous avez de la chance que mon grand-frère soit dans l'avion. comme il vous connait un peu désormais, et qu'on ne se cache rien, il m'a confié le soin de surveiller discrètement les racontars ici-bas.
or je tiens à affirmer en son nom que, bien qu'il tienne en haute considération Monsieur+, il n'a jamais envisagé de tâter de la cuisse d'homme ou de toute autre chose appartenant à la gent masculine.
il est né hétéro et restera à vie hétéro car il adore les monts et vallées de ces dames.
voilà c'est dit!

Ecrit par : carlamagnet | 05.01.2009

et puis votre frère n'a pas la tête qui dépasse de la mini lui !

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

non il s'asseoit sagement dans son fauteuil cuir, rabaisse le siège et voilà le tour est joué.

Ecrit par : carlamagnet | 05.01.2009

J'ai un 4X4... ça fera pt'ête l'affaire !!!

Ecrit par : ysa | 05.01.2009

et le pick up ? Mais il ne faut pas être frileux ! Avec des bonnes chaussettes.

Ecrit par : Louise | 05.01.2009

à Ysa:
le nouveau 4x4 mini alors? car Charlemagnet ne jure que par cette marque. alors que bon...

à Louise:
il aime le cabriolet aussi. avec de bonnes mitaines et un bonnet Union Jack!

Ecrit par : carlamagnet | 05.01.2009

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