07.01.2009
Un noël de "paix"
J'ai toujours détesté ce jour depuis ma plus tendre enfance.
Et cette année, une fois de plus, cette "fête de famille" a tourné au vinaigre.
Mais avant de vous en dire un peu plus sur ces fameux 24 et 25 décembre 2008, je vais vous raconter 2 anecdotes sur ces noëls d'avant.
Un de mes pires souvenirs remonte à 1980.
Lorsque j'étais le petit Charlemagnet.
J'avais 7 ans et cette année-là je doutais fort sur l'existence de cet être magique, qui descendait la nuit de la sainte-Adèle par la cheminée dans le salon.
Ceci parce que, depuis quelques semaines déjà, des copains d'école avaient largement contribué à casser le mythe. Mais bon j'y croyais encore un peu, car sait-on jamais, s'il ne passait pas pour moi finalement?
Après presque une demie-journée de voyage en voiture, la maison de ma tante Nono de Bretagne apparut enfin au bout du chemin.
Carlamagnet, ma soeur cadette (5 ans), m'avait cassé les pieds durant tout le voyage avec son mal au coeur et ses jeux de poupées. En plus, comme nous étions très serrés dans la vieille Simca 1000 (modèle 1964), je n'en pouvais vraiment plus.
A peine arrivé, j'ai donc pris la poudre d'escampette comme je le faisais à chaque fois afin d'aller voir la mer.
Waouhhh... à chaque fois c'était pareil! J'adorais voir cette masse aquatique en perpétuel mouvement. J'aimais aussi admirer le vol planant des goélands au dessus des vagues. Et cette odeur iodée si spécifique qui me donnait une pêche d'enfer!
Il faisait presque nuit et mes amis de Bretagne étaient déjà tous rentrés chez eux. Tant pis alors, je les verrais le lendemain pour jouer aux pirates ou à cache-cache. Je revins donc vers la maison de Tante Nono, la soeur de mon père, une personne qui avait le coeur sur la main et qui avait toujours été très gentille avec moi.
Nous passâmes à table au moment où VGE, avec sa tête de pompe-funèbre, faisait ses derniers voeux aux français.
La soirée s'annonçait fort gaie déjà.
Ensuite, Carlamagnet continua à m'agacer avec son mal au coeur. Je lui donnais alors quelques coups-de-pieds en dessous la table et elle se mit à hurler, tout en me dénonçant. Mon père resta stoïque tandis que ma mère m'annonça que c'était le dernier avertissement avant la punition.
Je niais bien entendu tout mauvais acte de ma part et les cris aigûs de ma soeur redoublèrent d'intensité, suite à un magnifique jeté de pointu sur son tibia.
Un éclair traversa alors la table et je sentis la main de mon père s'abattre, sans sommations, sur ma joue.
Paf!
Du coup, Carlamagnet s'arrêta de geindre et esquissa un sourire vengeur.
Un court instant, car dans la foulée elle n'échappa pas au pire.
Je ne sais pas ce qui me passa par la tête à ce moment là, mais je l'ai regretté vivement.
Je me suis alors levé de mon siège, ai saisi mon assiette de potage aux marrons et ai tout jeté rageusement sur ma soeur.
Deux minutes plus tard, tandis que celle-ci avait le haut du corps tout poisseux et verdâtre, j'étais bloqué sur la cuisse de mon père, la tête en bas, les fesses à l'air, et j'avais droit à une fessée monumentale.

Je fus envoyé dans la foulée au lit tandis que ma soeur passait à la douche.
Ma tante Nono, qui avait bien ri initialement de mes bêtises, ravala sa bonne humeur face à la colère de mes parents.
Le lendemain matin, à la place de ma grue Mécano, j'avais droit à 3 marrons et un petit mot explicatif de mes parents sur les problèmes de logistique du Père Noël à mon égard.
Ma soeur elle, reçut une énième poupée parlante, qui me cassa allègrement les oreilles lors du voyage de retour.
Néanmoins, Tante Nono ne m'oublia pas elle car je trouvais caché dans la poche de mon blouson un joli billet de 200 francs avec un petit mot de sa part. Merci Nono! Toi au moins tu ne m'avais pas oublié!
Néanmoins ce Noël 1980 n'est rien par rapport à celui de 2004.
J'étais parti en vacances en Indonésie sur l'Ile de Phuket avec Caroline.
Nous étions arrivés depuis quelques jours et l'endroit était vraiment paradisiaque et idyllique.
Nous avions réservé ce voyage depuis quelques mois déjà afin de profiter tous les 2 de moments de repos et de vraie détente.
Seulement nous ne savions pas que le calme apparent de cette plage allait être celui précédent l'enfer.

Au petit matin du 26 décembre, tandis que nous dormions encore l'un contre l'autre dans la chambre de cet hôtel, au rez-de-chaussée, un énorme bruit nous tira soudain de notre sommeil.
Une seconde plus tard, tout volait en éclat, les portes, les cloisons, les volets et la main de Caroline quittait alors la mienne. Un tourbillon aquatique nous sépara, nous jeta à gauche et à droite comme des fétus de paille et puis plus rien...
La douleur me réveilla un peu plus tard, tandis que j'étais coincé sous une maison effrondée, nageant entre 2 eaux, nu et écorché à de multiples endroits sur tout le corps.
Je fus rapatrié dans les jours suivants en France, seul...

(à suivre...)



Commentaires
et cette année, qu'as-tu fait à Noël ? Parce que tu places la barre vraiemnt haut !
Toutes mes condoléances.
Ecrit par : Louise | 07.01.2009
si tu savais ce que j'ai fait...! c'était terrible!!! pour moi, bertille et es autres!!
enfin j'en parlerais bientôt!
Ecrit par : charlemagnet | 07.01.2009
Quelle saleté ce tsunami !
Ecrit par : M'dame Scoffield | 07.01.2009
Je préfère ton Noël à la soupe à la grimace que ton Noël Tsunami.... t'as pas quelque chose de plus gai pour me remonter le moral.... finalement je crois que je préfère encore rencontrer cette peste de Bertille !!!
Ecrit par : ysa | 07.01.2009
non franchement j'ai ri en t'imaginant petit garçonnet en 1980 alors que je n'étais qu'un nourrisson...
mais il valait mieux être puni cette année-là que passé au tsunami 24 ans plus tard...
en tout cas il me tarde de savoir ce qu'est devenu caroline et comment s'appelait l'infirmière que tu as rencontré pendant le vol retour...
Ecrit par : la virge | 07.01.2009
à m'ame sco:
oui c'est une sacrée saleté!!
à ysa:
je n'ai pas choisi de vivre ces moments douloureux à vrai dire!! et encore je n'ai pas raconté celui de 2008!
à virg':
j'ai 2 précisions importantes:
la 1ère est que carline n'est jamais revenue... elle a disparu là-bas, et la seconde concerne mon vol retour enclasse sanitaire! j'étais en très mavais état physique et moral, et je n'avais pas trop envie de voir qui m'entourait dans l'avion.
donc pour une fois, j'ai été sage!
Ecrit par : charlemagnet | 07.01.2009
j'imagine comme cela a du être pénible et difficile à vivre. J'imagine qu'on ne se remet jamais totalement d'évènements aussi tragiques. Chaque jour le souvenir de cette catastrophe qui hante ...
Ecrit par : Louise | 07.01.2009
Le premier Noël avec Giscard , la folle ambiance , quelle injustice ces trois marrons , mais généreuse la tante nono , avec 200 frs c'est pas mal pour l'époque
triste fête
Je ne vais pas revenir sur le deuxième drame, le cauchemar , on a du mal à imaginer
Le retour en avion , sordide aussi , tu étais blessé et seul
Bon , tout de même , tu soldes le vrai du faux , , comment on peut voir ??
Tu donneras des indices à la fin de la semaine ?
Ecrit par : Jeanne | 07.01.2009
Autant ton Noël 1980 (qui était mon premier Noël québécois quand j'y pense mais j'en ai aucun souvenir alors que je me rappelle celui d'avant...) m'a amusée, autant celui de 2004 m'a glacée.
C'est une chose de voir des images horribles à télévision, mais les vivre, tragiquement, ça laisse sans mots...
Ecrit par : presso | 07.01.2009
Ouais... Je ferai davantage attention, désormais, lorsque je sévirai sur mes filles qui se chamaillent continuellement...
Sinon, eh bien on a le même âge !
Ecrit par : Gwen | 08.01.2009
à louise:
cela me hante presque quotidiennement... c'est un véritable poids à l'âme invisible... :(
mas bon, il faut bien, hélas, faire avec...
à jeanne:
oui ces 2 noëls ont été terribles dans ma chair et mon âme...
quant au vrai du faux, je vous en donnerais les clés... promis!
à presso:
bienvenue ici et merci pour ton comm'!
efectivement ce genre d'évènemens laisse sans mots! mais en parler et l'écrire, même si cela est dur, contribue aussi à l'atténuer!!
à gwen:
il faut même remplir son rôle éducatif même si cela n'es guère simple! à vrai dire ce nöel 1980 ne m'a pas traumatisé car je méritais une punition! mais le manque de cadeaux a été un peu dur à digérer..! mais qu'importe au fond... je men suis remis! et j'ai eu ma revanche... le lendemain!!
Ecrit par : charlemagnet | 08.01.2009
> Charlemagnet : il ne faut surtout pas hésiter à en parler avec les gens qui te sont proches : ils t'aideront, j'en suis certaine, même s'ils ne pourront guère faire revenir Caroline ... Parler fait du bien.
Ecrit par : Louise | 08.01.2009
à Louise:
j'en parle, j'en parle mais le + souvent les gens s'en tapent allègrement comme de l'an 40!!
tiens j'ai uneidée, je vas t'en parler aussi, comme tu es ma marraine de blog!!
Ecrit par : charlemagnet | 08.01.2009
C'est ignoble de supprimer le noël d'un gamin ! Quelle que soit la bêtise qu'il a pu faire, il y a mille façons de le punir sans toucher à la magie de la fête. Enfin c'est mon avis.
Est-ce qu'on puni les parents parce qu'ils roulent encore avec une Simca 1000 en 1980 ? Non et pourtant...
Ecrit par : monsieur plus | 08.01.2009
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