16.02.2009

Caroline

Voici quelques temps, sur mon blog, j'avais évoqué un de mes pires Noël, en 2004,  au cours duquel j'étais parti en vacances en Indonésie sur l'Ile de Phuket avec Caroline.

Nous étions arrivés depuis quelques jours et l'endroit était vraiment paradisiaque et idyllique. Nous avions réservé ce voyage depuis quelques mois déjà afin de profiter enfin tous les 2 de moments partagés de repos et de vraie détente.

Car les mois précédents avaient été agités. J'avais quitté d'un commun accord ma vie à Biarritz avec Théophile et Clothilde. Et je commençais à retrouver seulement mes marques et surtout une vie calme et sereine.

Seulement nous ne savions pas que le calme apparent de cette plage allait être celui précédent l'enfer.

Au petit matin du 26 décembre, tandis que nous dormions encore l'un contre l'autre dans la chambre de cet hôtel, au rez-de-chaussée, un énorme bruit nous tira soudain de notre sommeil.
 
Une seconde plus tard, tout volait en éclat, les portes, les cloisons, les volets et la main de Caroline quittait alors la mienne. Un tourbillon aquatique nous sépara, nous jeta à gauche et à droite comme des fétus de paille et puis plus rien...

La douleur me réveilla un peu plus tard, tandis que j'étais coincé sous une maison effrondée, nageant entre 2 eaux, nu et écorché à de multiples endroits sur tout le corps. Je fus rapatrié dans les jours suivants en France, seul...

J'ai été hospitalisé pendant presque un mois après ce drame. Le temps que je refasse surface physiquement et que les risques d'infection aient totalement disparu.
 
Mais moralement je n'étais pas au top...
 
Je n'avais plus envie de rien.. Mais alors plus envie de rien du tout...
 
A quoi bon lutter puisque une énorme trappe s'était ouverte sous moi et avait englouti la personne qui partageait ma vie.
 
Je refusais toutes visites, à part celle de mon fils Théophile.

Mais nous 2 et personne d'autre, entre hommes...
 
Les jours du calendrier se sont égrainés les uns après les autres et la camisole chinique qui m'était administrée quotidiennement a fini par faire plier (du moins superficiellement) ma peine.
 
J'ai donc fini par rejoindre mon domicile. Ou plutôt celui de ma soeur Carlamagnet.
 
Fatalement un beau matin, tandis que je broyais encore du noir devant la fenêtre, en pyjama, à regarder les gens dans la rue, un peu hagard, la sonnette a retenti...
 
Comme j'étais tout seul à ce moment là dans ce grand appartement, je suis allé ouvrir.
 
Un livreur... avec un énorme bouquet de fleurs à l'attention de ma petite soeur.
 
De la part de son chevalier servant.
 
En l'honneur de la Saint-Valentin. La "fête" des amoureux....
 
J'ai rechuté aussitôt...
 
Ce qui m'a valu l'intervention musclée des pompiers...pour me calmer.
 
Et deux semaines de cures de sommeil en clinique spécialisée, puis trois semaines de repos dans une maison à Vichy, ainsi que des visites obligatoires chez une psy durant quelques mois...
 
14 février de malheur...

Commentaires

J'ai l'habitude de lire des textes drôles, des textes surréalistes... alors quand tu mets un texte si grave comme celui-ci, un texte qui touche directement à ta vie... dans la vraie vie... je ne trouve pas les mots....

Ecrit par : ysa | 16.02.2009

Merci de nous faire partager ce moment douloureux.
Bonne semaine.

Ecrit par : Aude | 16.02.2009

Comme quoi l'être humain est capable de s'en sortir malgré de terribles épreuves ...

Ecrit par : M'dame Scoffield | 16.02.2009

Des évenements traumatiques comme celui là , ne pourront jamais sortir de ta mémoire, de ton histoire , gerer , la peur , la violence , la douleur physique , et un tel drame humain , demande un courage innouï

C'est surement Théophile qui t'a raccroché à la vie
il était là , lui , bien présent , ton unique bouée

Ecrit par : Jeanne | 16.02.2009

je ne sais quoi te dire car malheureusement les mots pour alléger ta peine n'existent pas...

mais je suis sincèrement heureuse que tu es trouvé suffisament de courage en toi pour revenir à la surface...

Ecrit par : la virge | 16.02.2009

il y a malheureusement des dates qui reviendront tous les ans et qui nous feront rappeler le passé...l'essentiel étant d'être là!!!

Bonne semaine

Ecrit par : louison | 16.02.2009

je n'arriverai pas à trouver les mots pour dire ce que j'ai ressenti à la lecture de ce texte .

Merci de nous l'avoir fait partager .

Bon pour être un peu plus légère la prochaine fois que tu veux nous faire partager tes peines , tu me préviens car là la lecture de ta note le lundi matin au réveil avec mon petit café ne m'as pas mis d'une humeur très très joyeuse....

bonne journée

Ecrit par : ludi | 16.02.2009

Terrible ironie existentielle : l'apparent équilibre parfait qui se renverse soudain, le pire quand on s'attend à vivre le meilleur... Et bien sûr un événement à jamais associé à certaines dates, à certains lieux aussi, même si le cap le plus difficile (ne pas se laisser sombrer) a été atteint.
C'est inutile mais j'ai envie de laisser une petite trace de mon passage, comme un encouragement lointain et probablement inutile, d'une rescapée à un autre rescapé.

Ecrit par : Junko | 16.02.2009

à Ysa:
j'écris des textes surréalistes...? moi....? non...non...
en tous cas merci pour ce petit mot qui apaise mes maux.

à Aude:
merci! oui c'est douloureux et très ancré... en moi

à M'ame Sco:
la médecine m'a bien aidé pour rédémarrer et après j'ai réussi à m reconstruire...

à Jeanne:
oui c'est indélébile.. et sans Théophile je partais aussi...

Ecrit par : charlemagnet | 16.02.2009

à Virg':
merci et don't worry....le plus dur est passé désormais... et la vie a repris ses droits...

à Louison:
oui chaque année cela va resurgir mais cela s'estompe aussi...et puis je ne suis as seul... on a besoin de moi...

à Ludi:
je suis désolé pour ton petit-déj. ... je ne ferais plus cela sans prévenir... mais je peux te dire que mes prochains textes seront moins gris...

à Junko:
bienvenue ici... et merci pour ton comm' qui n'est pas inutile... loin de là...et que j'apprécie à sa juste valeur... car provenant aussi d'une miraculée...

Ecrit par : charlemagnet | 16.02.2009

je trouve que c'est bien un texte de fevrier ça. moi aussi chaque fevrier je sombre bien profondément quelques part et j'ai peur qu'ils (ceux de st anne) vienne me chercher. tu me donnes la chair de poule charlemagnet

Ecrit par : Mlle H | 17.02.2009

Heureuse de voir que le temps a un peu atténué le manque, et sans doute la culpabilité qui doit être terrible et pourtant infondée.

Ecrit par : Gwen | 17.02.2009

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