27.02.2009

Le pigeon

232 (2).jpgSuivant les recommandations préconisées par le musée, j'avais mis mon portable en mode silencieux. Je ne souhaitais pas le couper totalement au cas où...

Au 3ème appel, je plongeais ma main dans ma poche afin d'arrêter ce supplice de la vibration.

Je lâchais donc la main de Bertille tandis que nous nous asseyions au bout de la terrasse, autour du dernier guéridon, entouré d'une foule très cosmopolite. S'il n'y avait eu la Pyramide inversée en contrebas, on se serait vraiment cru ailleurs qu'à Paris.

"Ca va Charlemagnet? C'est Luana... comment se passe cet entretien?... "

Je ne répondais pas à sa question. Je ne pouvais pas parler. Bertille me fixait intensément, et ce faisant j'étais impuissant à trouver mes mots, et même à penser, à construire une phrase intelligible et audible.

Dans son regard, durant ces quelques secondes, tout le flot du passé se mit à jaillir d'un seul coup.

Tous nos bons souvenirs...

"Charlemagnet....? Allo..Charlemagnet?..." me répéta Luana plusieurs fois à la suite.

Mais sans succès.

"Ne bouge pas, Charlemagnet... tu as un morceau de duvet de pigeon dans les cheveux..." me chuchota alors Bertille, avec un sourire à tomber imméditement en syncope, tandis qu'elle passait sa main dans mes cheveux pour ôter l'intrus...

"Allo Charlemagnet...?..." .

Au téléphone, la voix de Luana était de plus en plus forte...

Et sur cette terrasse, la main de Bertille était douce et chaude... et toujours présente.

"Tout va bien Luana... je te rassure... nous avons aplani un certain nombre de choses... je te raconterais...nous sommes au Café Branly... on discute... encore... Et toi ça va...?".

J'avais repris mes esprits in-extrémis.

Je tournais désormais le dos à Bertille. Que je laissais continuer son petit manège. Bien obligé.

"Oui ça va... Comme tu le sais, je suis avec ta soeur... On fait quelques magasins dans le Marais... mais on n'a pas terminé... loin de là ... tu as donc le temps..."

 La main de Bertille quitta ma chevelure brune et descendit presqu'au ralenti le long de mon visage.

"A tout à l'heure... Luana... Je t'embrasse..."

Au moment où je ponctuais ma dernière phrase d'un bisou, les doigts de Bertille effleuraient ma bouche.

Le baiser fut bref mais effectif.

Il était destiné à Luana et Bertille en avait profité...

(à suivre...)

25.02.2009

Dans la crypte...

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Bertille pénétra donc avant moi dans cette petite crypte bien cachée, abritant le sphinx en granit rose de Tanis acheté et ramené par Champollion en 1826 et s'immobilisa à moins d'un mètre de cet imposant animal hybride, mi-lion mi humain.

Durant quelques minutes, son regard resta plongé dans celui de la statue, et moi pour passer le temps, je regardais le bout de mes pieds, notant au passage que mes chaussures auraient eu bien besoin d'un bon passage de cirage ce matin-là.

Bertille inspira un grand coup, rompant le silence et entama les palabres.

-"Tu sais que nos derniers mois ont été vraiment très tumultueux entre nous..."

- Oui!.... on ne peut pas dire le contraire...

- J'ai bien réfléchi à tout cela en fait ces dernières semaines...

- Ah oui..... et pourquoi...?

- J'ai bien réfléchi à tout cela... en fait depuis qu'Aliénor et moi avons eu une discussion un peu houleuse à ton sujet le soir de Noël...

- Ta fille était à Paris..?

- Oui.. ils venaient juste d'arriver et Aliénor n'a vraiment pas apprécié mon comportement qui nous a conduit à finir au Commissariat ce jour-là... Ils m'attendaient tous sans avoir de nouvelles depuis 4 heures lorsque j'ai regagné le Bd St-Germain... les enfants avaient faim... son mari était épuisé par le voyage en voiture et Aliénor stressait terriblement en m'attendant...

- Je t'écoute Bertille...

- J'ai donc expliqué à Aliénor d'où je venais... et puis tout le reste que je gardais pour moi depuis des semaines, toute ma bile, est sorti dans la foulée...

- C'est-à-dire?

- Ton déjeuner avec Elsa, ton entretien houleux à PM avec Mme L..., l'arbitrage de mon cousin Hubert, ton séjour forcé en Afghanistan... je lui ai tout raconté...

- Un automne vraiment agité... on ne peut pas dire le contraire...!

- Et tout cela pour quoi au final?

- Oui... pour quoi?

- Aliénor, qui t'a toujours beaucoup apprécié, m'a secoué ce soir-là avec des paroles vraiment très dures... Elle m'a en quelque sorte réveillé... et fait sortir de mon état second... Pourquoi étais-je devenue si froide et méchante ces dernières semaines...? A quoi cela servait-il finalement si ce n'est à créer des conflits stériles....?

- Et alors...?

- Aliénor m'a clairement indiqué que j'avais à choisir entre le conflit ou le silence.... Si je continuais de la sorte, elle ne viendrait plus me voir régulièrement, elle ne prendrait plus de mes nouvelles... Entre-temps Blanche est arrivée à la maison et s'est rangée aussi à cet avis... Ma conduite conflictuelle risquait donc de m'isoler de mes filles et de ma famille... Avec le silence pour seule compagne au bout du compte...

- Aliénor t'a dit tout cela...?

- Oui...

- J'ai laissé mes filles finir de préparer le réveillon et je me suis alors isolée dans ma chambre... Un bon bain chaud a eu raison de mes derniers ressentiments à ton égard... J'ai ensuite demandé à Blanche et Aliénor de me rejoindre dans la bibliothèque et je leur ai promis de me conduire dorénavant de façon chrétienne...

- Je ne sais quoi dire à tout cela Bertille...

- Je ne te demande rien Charlemagnet... cet entretien fait partie de ma thérapie... qui sera sans doute un peu longue...comme tu as pu le remarquer l'autre soir lorsque je t'ai reconnu et que j'ai été immédiatement prête à en découdre... Tu as parfaitement le droit de camper sur tes positions et de me rétorquer que tu as besoin de beaucoup de temps pour panser toutes ces blessures que je vous ai infligées... 

- C'est vrai que l'autre soir tu étais très bouillante...ce que je peux comprendre... mais tu me connais... Bertille..

- Oui je te connais Charlemagnet et je sais que tu as un bon fond...et que tu hais les conflits inutiles... mais je ne veux pas que tu te prononces sur tout cela aujourd'hui... Il faut que tu réfléchisses... et après advienne que pourra...".

Le sphinx de Tanis fut le seul témoin de notre long entretien.

Il fut le seul aussi, à part moi, à entendre la voix tremblante de Bertille ou à voir quelques larmes couler sur son visage...

Un gardien pénétra  alors tandis que nous étions à nouveau silencieux dans cette pièce hors-du-temps. Il examina rapidement Bertille, puis son regard se porta sur moi. Sa réflexion interne se matérialisa par un haussement d'épaules et il tourna les talons aussi sec. Le groupe d'italiens que nous avions croisés auparavant arriva alors et brisa le silence.

Bertille ramassa son sac et se dirigea à nouveau vers les escaliers.

Il était temps de regagner les étages supérieurs.

"Allons nous restaurer un peu... Bertille. Cela te dit d'aller comme avant au Café Marly.. J'ai toujours adoré sa terrasse plongeante sur la pyramide.. Et un peu d'air nous fera le plus grand bien...".

Bertille s'arrêta au milieu de l'escalier.

Elle se retourna et me gratifia de son premier beau sourire depuis notre séparation. 

Elle avait l'air totalement apaisée. Son visage ne portait plus son masque rigide empreint de haine ou de froideur. Elle était comme avant...

Elle me tendit sa main...

Je n'hésitais pas une seule seconde. J'acceptais son geste pacificateur.

C'est ainsi, main dans la main, que nous arrivâmes au Café Marly, situé à l'étage du Musée du Louvre.

L'hôtesse d'accueil nous plaça à notre demande, et bien qu'il fasse froid, à l'extérieur, au milieu des statues intemporelles laissées par l'Ancien  Régime.

Nous étions pratiquement le seul couple à affronter la température très hivernale... mais le ciel bleu était là, avec le soleil... pour nous réchauffer.

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( à suivre)

 

 

24.02.2009

Le fils

Avis à tous ceux que ce thème intéresse,

 Zoridae envisage de lancer un thème d'écriture sur ce sujet

que j'ai en quelque sorte inauguré avec Théophile

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23.02.2009

Entre ces 4 murs...

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La rencontre a eu lieu quelques jours après la fameuse soirée de mon plan X.

Dans un lieu public et un peu éloigné des regards.

J'avais reçu un SMS m'indiquant le lieu et l'heure de notre rendez-vous.

J'en ai parlé à Luana qui a souri lorsque je lui ai montré le nom de l'expéditeur du message.

Celui-ci n'était pas en identité cachée mais parfaitement identifiable.

Bertille.

Au bout de 3 mois de silence et de tempête, elle voulait me voir...

Pour la paix? Pour la guerre? Ou pour un cessez-le-feu...?

Le lieu de rendez-vous était assez symbolique... déjà. Et là j'aurais dû me méfier... entre ces 4 murs....

Nous nous sommes retrouvés dans les sous-sols du musée du Louvre, sous la Cour Carrée, dans les fossés aménagés des remparts conservés de l'ancienne citadelle royale de Philippe-Auguste.

Là où nous allions souvent en visite le dimanche lors de ma première année de vie étudiante chez elle. Et là aussi où nous avions échangé un de nos premiers baisers cachés...

Je suis donc arrivé le premier, un peu en avance. J'ai pris le temps de redécouvrir ces lieux magiques et intemporels, à partir desquels la royauté a régné sur la France pendant des siècles, avant de partir à Versailles sous Louis XIV. 

Bertille est arrivée ensuite. Le visage fermé. Comme d'habitude. Sans surprises.

Nous nous sommes salués d'un mouvement de tête et en silence, tandis qu'un groupe de touristes italien braillait à quelques dizaines de mètres. 

C'est elle qui a engagé la conversation la première, dans cet espace clos mais volumineux, juste éclairé que par quelques spots.

"-Bonjour Charlemagnet... Merci d'être venu... Je voulais te voir... en tête à tête... car je crois qu'il est temps de régler entre nous certains petits problèmes... disons... persistants...".

"- Je t'écoute Bertille...".

Le groupe d'italiens s'était encore plus rapproché de nous et nuisait carrément au ton confidentiel et feutré de notre entretien.

Je proposais alors de quitter cet endroit et de rejoindre la crypte du Sphinx située à quelques minutes de là. Elle accepta.

Je lui ouvris le passage. Elle s'engouffra sans hésitation devant moi dans les escaliers nous permettant de rejoindre cet endroit à part, plus au calme encore.

Bertille n'avait pas changé... Elle était divine... presque à croquer...

Sa taille était toujours aussi fine, alors que tant de femmes de son âge abandonnaient le combat. Son déhanchement de bassin ... félin et ... discret ... comme lorsqu'elle se dirigeait en petite tenue vers la salle de bains le matin après nos ébats ... Et sa féminité si bien mise en valeur... Aujourd'hui par le biais de cette maudite jupe moulante, couvrant juste ce qu'il faut pour ne pas sombrer dans le vulgaire, des collants noirs...  Hier par l'entremise de ses cheveux noués en queue de cheval au dessus de sa nuque, qui n'aspirait alors plus qu'à se laisser picorer...

Je commençais légérement à être moins méfiant et répulsif à son égard.

Je fondais peu à peu comme la banquise lorsque l'hiver s'éloigne et que le soleil est à nouveau autorisé à relancer le cycle de la métamorphose printannière.

Par ailleurs, dans son sillage, les effluves de son parfum que je connaissais par coeur... me portèrent presque le coup de grâce. 

Cela me rappela instantanément tous nos moments intimes ... son tatouage fleur-de-lys pubien... et chaque centimètre carré de sa peau que j'avais parcouru avec mes lèvres... des dizaines de fois...

Je faillis lui attraper la main comme je le faisais si souvent avant...

Mais je me retins in-extrémis. Je ne devais pas me laisser aller à cette faiblesse sentimentale soudaine.

Certes Bertille était bien devant moi à cet instant précis. Mais nous n'étions plus amants... Et je n'allais pas à un rendez-vous galant.

Elle m'en avait fait voir de toutes les couleurs ces derniers mois et je devais être intraitable. Mon sang devait rester glacé.

"Ne te laisse pas manipuler par son sourire et ses roucoulements" m'avait averti Luana le matin de ce rendez-vous. "Bertille est capable de tout, de te manipuler... pour savoir ou avoir ce qu'elle veut...".

Mais me connaissant.... hum....

Plus facile à dire qu'à faire à vrai dire.

(à suivre)

20.02.2009

J'ai testé pour vous...

La semaine passée, Adèle m'a à nouveau demandé de faire des efforts sur moi-même et de lui rédiger 2 papiers assez particuliers.

Luana n'était pas au courant car sinon je crois bien qu'elle m'aurait découpé sur place.

Comme elle était occupée à faire du shopping avec notre coloc', et que je ne pouvais pas faire d'aller-retour à Biarritz pour aller voir Théophile, j'ai fini par accepter. Surtout qu'un travail le week-end est toujours très bien payé.

J'ai débuté ma tournée spéciale par une visite incognito dans un salon de l'érotisme.

Très spécial comme endroit.

Et une foule vraiment très nombreuse et disparate venue admirer les paires de fesses et de seins (souvent faux) exhibés à gogo.

J'avais caché ma carte de presse pour ne pas avoir de traitement particulier et de vision trop angélique des animations.

Le strip-tease intégral sur scène, avec participation d'un homme choisi au hasard (?) a été un grand moment de fou-rire intérieur pour moi.

Voir le visage de cet homme trentenaire, au petit bouc taillé à la Barthez, qui faisait le "chaud" avec ses copains de virée avant sa désignation, passé du rosi à la bière au rouge de gêne était jubilatoire.

Lorsque celle-ci a fait ondulé son corps nu sur le corps allongé du patient, de l'entrejambe jusqu'à la limite de sa tête, notre sportif du dimanche était déjà passablement gêné.

Mais lorsqu'elle a lui ôté son pantalon adidas noir aux bandes dorées et qu'il s'est retrouvé en caleçon devant toute l'assistance, son regard ne s'est alors plus concentré que sur les spots au dessus de la scène, évitant la foule.

Il transpirait pas mal et son caleçon avait du mal à dissimuler son excitation. Oooooohhhhhhhhhhh...

Lorsqu'elle s'est frottée sur celui-ci, on a bien senti que les statistiques officieuses qui circulent dans le milieu du sexe sur la difficulté à se retenir dans une telle situation allaient se confirmer.

Pour ne pas gêner plus encore cet homme, les lumières se sont éteintes à la fin du show, masquant ce signe extérieur de jouissance.

Après ce petit spectacle, qui était donné à intervalles réguliers, j'ai fait un petit tour au milieu des stands de produits.

Il y en avait pour tous les goûts. Pour tous les âges et pour les 2 sexes. Incroyable où l'imagination va se nicher quelquefois...

Bref j'ai fini ma visite par une interview d'une show-girl pour un magazine américain. De la vraie sous-traitance.

Ma seconde mission de l'après-midi était un massage très particulier.

Un massage naturiste.

Tant le visiteur que l'hôtesse sont nus dans une petite pièce sombre éclairée par quelques bougies.

Je dois dire que c'est très agréable mais terriblement gênant aussi...

Je ne vous détaillerais pas ce qui s'est passé exactement entre elle et moi mais ce type de prestation qui n'existait qu'à Paris jusqu'alors est vraiment très déroutant.

Bien entendu la dame, très charmante au demeurant, connait les ressorts masculin et fait bien les choses pour ne pas que les limites soient atteintes ou dépassées.

J'ai terminé ce tête-à-tête par une douche bien fraîche pour retrouver mes esprits et la sérénité.

J'ai envoyé le lendemain mes articles à Angèle par mail en spécifiant bien qu'elle ne m'y reprendrait plus.

Trop fatiguant!

18.02.2009

"Papa, non, ne pars pas..."

Cette phrase, je l'ai entendu des dizaines de fois...si ce n'est plus... Ce ne sont que quelques mots simples mais qui me font mal à chaque fois.

Car c'est Théophile, mon petit garçon, qui les prononce lorsque je dois repartir... si loin de lui.

J'ai, à chaque fois, beaucoup de mal, à lui lâcher la main et à le laisser.

Essuyer ses quelques larmes qui coulent discrètement sur sa joue est intrinsèquement un vrai crève-coeur.

Mais je ne peux pas faire autrement à vrai dire... Show must go on... 

Car Théophile habite loin de moi, avec sa mère à Biarritz, là où il est né...

Il va bientôt avoir 6 ans et le temps passe vraiment très vite.

J'ai vécu avec eux pratiquement les deux premières années de son existence. Enfin, avec eux...

J'étais plus à vrai dire souvent entre 2 avions. Mais j'ai fait des efforts.

Lorsque j'étais là, j'ai pris sur moi, et naturellement,  et ai participé activement à tout un tas de choses inédites.

Les biberons nocturnes. Les couches. Les visites normales chez le pédiatre. Les promenades au bord de l'océan pour voir les surfeurs, du côté de la promenade du Prince de Galles. Les premiers pas hésitants main dans la main... On a souvent joué dans le sable tous les 2 au Port-Vieux... On y  a fait des galipettes jusqu'à tard en été... dévalisé tous les marchands de  glaces des alentours... Et même piquer quelques siestes en cachette dans les cabines rayées en toile à la Grand Plage...

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Un vrai père moderne...

Même si le coeur n'y était pas.. Du moins plus... avec Clothilde. 

Entre nous, les sentiments se sont délités petit à petit. Déjà sa grossesse l'avait transformé intérieurement... En quelques mois, cette nouvelle responsabilité l'avait changé du tout au tout.. Elle a mûri trop vite... Elle qui jusqu'alors menait une vie de bohème, un peu déstructurée, à mes côtés, a changé... Elle est devenue trop casanière,  ordonnée et planificatrice... En plus, elle voulait que je change de mode de vie, que j'arrête mes voyages et que je reste sur Biarritz. Son père m'avait même trouvé un job très sympa.. mais j'ai refusé.

Ce faisant je ne variais pas de ma conduite initiale. Lorsque j'avais rencontré Clothilde, il avait été convenu entre nous que je serais toujours un pigeon voyageur. Elle était totalement d'accord sur ce point et appréciait nos rencontres alétoires et chroniques. Mais avec le temps, elle avait  peu à peu changé d'attitude et s'était sans doute trop attachée à moi. Plus que moi en tous cas... J'aurais pu partir à un moment donné -car c'est à cette époque que j'ai rencontré Caroline... -en tout bien tout honneur...- et ne plus revenir mais j'étais bien avec elle.  

Et puis c'est à ce moment là qu'elle m'a annoncé ce qui a bouleversé ma vie.

Je me rappelle.

Un petit matin, en petit-déjeunant sur notre terrasse, elle m'a dit, le regard débordant de larmes, qu'elle était enceinte... Je l'ai regardé au fond de ses jolis yeux qui m'avaient souvent fait craquer... et je l'ai pris dans mes bras.. J'étais également fou de bonheur et ce geste m'a aussi permis de cacher l'humidité de mon regard... J'ai un peu moins voyagé à la fin de sa grossesse. Ou du moins je ne m'éloignais pas à plus de 2 heures d'avion. J'étais à ses côtés en plein nuit lorsqu'elle a poussé un cri torturé. J'ai vite allumé la lumière... Elle perdait les eaux.. Théophile n'était plus très loin... On est vite parti à la clinique...

Avec Clothilde, tout ce qu'on avait patiemment construit ensemble s'est évaporé ensuite... Elle s'est beaucoup investie pour Théophile, et j'étais un peu à part de ce duo fusionnel mère-fils. Au fil des mois, j'ai fini par lâcher prise... Nous avons beaucoup discuté... mais nous vivions désormais chacun sur une planète différente... Puis j'ai fait chambre à part... avant de boucler définitivement ma valise un petit matin du printemps 2004... Cela ne me convenait plus... J'ai préféré retrouver ma liberté...

Avant l'arrivée de mon petit homme, je n'éprouvais jamais cette gêne latente... Je faisais ma vie tranquillement, sans stress.

Mais depuis, j'ai moi aussi maintenant une petite boule au fond du ventre.

Désormais, chaque jour loin de lui, je me demande souvent si tout va bien, s'il n'est pas en danger ou s'il ne faut pas que je rentre tout de suite. Vite...

J'ai envie d'appeler à la maison ou à l'école pour savoir si tout va bien mais j'aurais l'air ridicule... Alors j'essaie de penser à autre chose de plus positif..

J'essaie de continuer à écrire, à oublier le présent mais sa petite main est toujours sur mon épaule, invisible, imperceptible et troublante. Théophile m'a changé. 

Le pigeon voyageur que je suis a déjà parcouru des milliers de kilomètres. Il en a quelquefois un peu marre de crapahuter par monts et par vaux. Et il n'est pas exclu que très bientôt il décide de rester un petit matin dans sa cage ...

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16.02.2009

Caroline

Voici quelques temps, sur mon blog, j'avais évoqué un de mes pires Noël, en 2004,  au cours duquel j'étais parti en vacances en Indonésie sur l'Ile de Phuket avec Caroline.

Nous étions arrivés depuis quelques jours et l'endroit était vraiment paradisiaque et idyllique. Nous avions réservé ce voyage depuis quelques mois déjà afin de profiter enfin tous les 2 de moments partagés de repos et de vraie détente.

Car les mois précédents avaient été agités. J'avais quitté d'un commun accord ma vie à Biarritz avec Théophile et Clothilde. Et je commençais à retrouver seulement mes marques et surtout une vie calme et sereine.

Seulement nous ne savions pas que le calme apparent de cette plage allait être celui précédent l'enfer.

Au petit matin du 26 décembre, tandis que nous dormions encore l'un contre l'autre dans la chambre de cet hôtel, au rez-de-chaussée, un énorme bruit nous tira soudain de notre sommeil.
 
Une seconde plus tard, tout volait en éclat, les portes, les cloisons, les volets et la main de Caroline quittait alors la mienne. Un tourbillon aquatique nous sépara, nous jeta à gauche et à droite comme des fétus de paille et puis plus rien...

La douleur me réveilla un peu plus tard, tandis que j'étais coincé sous une maison effrondée, nageant entre 2 eaux, nu et écorché à de multiples endroits sur tout le corps. Je fus rapatrié dans les jours suivants en France, seul...

J'ai été hospitalisé pendant presque un mois après ce drame. Le temps que je refasse surface physiquement et que les risques d'infection aient totalement disparu.
 
Mais moralement je n'étais pas au top...
 
Je n'avais plus envie de rien.. Mais alors plus envie de rien du tout...
 
A quoi bon lutter puisque une énorme trappe s'était ouverte sous moi et avait englouti la personne qui partageait ma vie.
 
Je refusais toutes visites, à part celle de mon fils Théophile.

Mais nous 2 et personne d'autre, entre hommes...
 
Les jours du calendrier se sont égrainés les uns après les autres et la camisole chinique qui m'était administrée quotidiennement a fini par faire plier (du moins superficiellement) ma peine.
 
J'ai donc fini par rejoindre mon domicile. Ou plutôt celui de ma soeur Carlamagnet.
 
Fatalement un beau matin, tandis que je broyais encore du noir devant la fenêtre, en pyjama, à regarder les gens dans la rue, un peu hagard, la sonnette a retenti...
 
Comme j'étais tout seul à ce moment là dans ce grand appartement, je suis allé ouvrir.
 
Un livreur... avec un énorme bouquet de fleurs à l'attention de ma petite soeur.
 
De la part de son chevalier servant.
 
En l'honneur de la Saint-Valentin. La "fête" des amoureux....
 
J'ai rechuté aussitôt...
 
Ce qui m'a valu l'intervention musclée des pompiers...pour me calmer.
 
Et deux semaines de cures de sommeil en clinique spécialisée, puis trois semaines de repos dans une maison à Vichy, ainsi que des visites obligatoires chez une psy durant quelques mois...
 
14 février de malheur...

14.02.2009

Mon dessert du jour

En ce jour d'une célèbre fête des amoureux, dont j'ai toujours abhorré la célébration, je ne vous proposerais que ce dessert délicieux.
Le sein de Vénus.
A consommer avec modération.
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13.02.2009

Démasqué

Bertille arriva donc la première sur place, précédant les secours et Hyacinthe de deux bons mètres.

Juste le temps pour elle d'ouvrir la porte, de voir Hub' accouplé dans le plus simple appareil et de refermer aussitôt la porte dans son dos, tout en tenant fermement la poignée.

J'étais présent sur place également au milieu des curieux. J'ai donc pu voir exactement ce qui se passa.

"il a retrouvé ses esprits... messieurs dames... Hubert, mon cousin va beaucoup mieux... vous pouvez maintenant redescendre... la fête continue... ces messieurs sont là pour voir si tout est ok et une infirmière a déjà fait le nécessaire pour donner les premiers secours..."

Cette petite diversion contraria mes plans. Hubert échappait à la vue de toute l'assistance. Il passa en quelques secondes du futur statut de coupable à celui de victime.

"Poussez-vous s'il vous plaît Madame, nous devons impérativement entrer maintenant... avant qu'il ne soit trop tard.." annonça alors le responsable de l'équipe d'intervention des pompiers, énervé d'attendre.

"...mais je vous en prie..." lui répondit-elle tout en prenant son temps. "aaahhhh maudite porte, il faudra que je la fasse raboter à nouveau..."

Les hommes du feu entrèrent alors dans la pièce. La porte resta ouverte derrière eux.

Zut et rezut...

Hubert était allongé pratiquement rhabillé... sauf sa chemise légérement ouverte...

A ses côtés, sa partenaire de jeu avait elle aussi profité de la manoeuvre opérée par Bertille pour retrouver ses vêtements.

Ils avaient bien les joues rouges et le souffle haletant mais cela pouvait tout aussi bien être dû à la situation de l'incident des toilettes.

"Merci Madame de vous être occupé de mon mari" articula la voix pleine de sanglots Hyacinthe... "Vous lui avez sans doute sauvé la vie...".

On diagnostiqua un malaise vagal dû à l'absorption d'alcool...

Hub' ne fut pas hospitalisé car il retrouva vite son teint normal.

De son côté Bertille fut soulagée que tout se termina aussi bien pour son cousin et pour elle.

"Ooooh.... non.... pas toi..." fit-elle quelques instants plus tard lorsque je passais à côté d'elle en la heurtant légérement mais volontairement avec mon bassin.

Nos yeux se croisèrent. Son cerveau tiqua. Elle comprit vite qui était cet inconnu qui se cachait sous le masque...

"Charlemagnet, tu me le paieras..." cria-t-elle.

Je ne fis pas de vieux os dans cet appartement où j'avais tant de souvenirs.

Néanmoins en dévalant l'escalier pour m'échapper, et comme je savais qu'elle m'observait, il me restait encore une chose à accomplir.

Je stoppais quelques instants en bas, me retournais aussitôt et lui répondit en tenant bien fermement mon appareil-photo.

"Avec ça, cela m'étonnerait fort...".

Je disparus dans la nuit parisienne. Grâce à Luana.

11.02.2009

Tracas et plaisirs du blogueur

Aujourd'hui vous me trouverez

au plafond

sur l'autre blog

de mon hôte Zoridae

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