20.03.2009

La liaison

A chaque moment-clé de ma vie, Bertille a toujours été là...

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Elle a été une de mes premières vraies liaisons, au sortir de l'adolescence et de ses amourettes, alors que j'arrivais à pas feutrés dans le monde adulte.

Elle m'a initié à de nombreuses choses, tant celles concernant les subtilités et douceurs de l'amour, que d'autres plus banales de la vie quotidienne.

Nous avons beaucoup parlé, nous avons beaucoup voyagé aussi...

Durant ces nombreuses nuits blanches... passées ensemble dans sa chambre... ou sur un coin d'herbe lors de nos weeks-ends improvisés à la dernière minute, loin de Paris...

Nos chemins se sont ensuite éloignés, avec son assentiment, lorsque j'ai terminé mes études supérieures et que j'ai pris mon envol.

Bertille ne voulait pas que je reste uniquement sur cette expérience corporelle avec elle. Elle voulait que je m'aguerisse... que je vois d'autres horizons... que je vive ma vie...

Alors j'ai mis en pratique ses leçons d'amour avec les quelques aventures que j'ai eus au fil du temps, et ces dernières m'ont également beaucoup apporté de par leur unicité et leur diversité.   

En y repensant dernièrement, je peux dire qu'à chaque fois, avec Bertille, inexorablement, nos corps retrouvaient leurs automatimes et leurs gaucheries aussi, comme au premier jour... lorsque nous nous rejoignions pour un ou plusieurs jours durant mes périodes de célibat.

Par exemple, après ma séparation avec Clothilde, nos destinées se sont croisées dans les locaux de PM un soir de cocktail. Je rentrais d'un de mes reportages épuisants en Asie, et je l'ai vu là, à l'autre bout de la pièce, dans une robe noire très saillante, ouverte sur son dos nu vertigineux...

Elle discutait tranquillement, et sans arrières pensées, avec un bellâtre quinquagénaire, mais je voyais bien que le regard de ce bipède n'avait rien d'innocent... Il déployait tous ses arguments-clés pour tenter de ramener Bertille dans sa "suite" au Formule 1 du coin. A savoir un teint bronzé, un sourire de pub pour dentifrice, un corps encore svelte, une chevelure proche du surfeur ou un costume  taillé sur mesure...

Toutefois, je savais bien, car je connaissais parfaitement le réalisme et les goûts de Bertille, que celle-ci ne voyait à la place que ceci. Un visage cliniquement modifié, un bridge négocié en secret sur 12 mois, un corps body-buildé truffé d'enflements adipeux, des implants capillaires bruns ridicules ou bien même le sosie vestimentaire de Kojak... Ce soir-là, il a juste suffit d'un bref regard entre nous pour que la messe soit dite. Bertille a stoppé nette sa conversation avec le sosie de Jean-Pierre P*ernau*d et m'a rejoint immédiatement. La soirée s'est poursuivie autour d'une bouteille de champagne dans un club de l'Opéra, avant de finir, comme de bien entendu dans le back-room.

Autre exemple, lorsque j'ai sombré au plus bas après le décès de Caroline, Bertille a su attendre discrètement non loin de moi que je me reconstruise. Elle a aussi patiemment, et avec beaucoup de tendresse, contribué à recoller les morceaux de mon psychisme qui étaient si écartelés, mélangés ou égarés. Elle m'a redonné goût à la vie et son corps m'a à nouveau fait décoller jusqu'au 7ième ciel.

Bertille ne s'est en fait jamais immiscée dans mes histoires amoureuses jusqu'à ces derniers mois.

Je ne sais pas pourquoi mais elle a changé d'attitude depuis que je suis avec Luana.

Peut-être parce que pour la première fois notre relation s'est terminée brutalement.

Sans doute aussi parce qu'elle a vu en Luana, outre le fait qu'elle lui ressemble assez, mais en plus jeune, sa rivale la plus dangereuse.

Celle avec qui je risquais de passer un certain nombre, sinon le restant de mes jours...

Rompant ainsi avec le fil tordu de notre liaison discontinue...

Alors Bertille a sorti ses griffes pour me reconquérir et briser mon couple avec ma douce Luana.

Ce qu'elle ne savait pas, c'est que je ne fonctionne pas comme cela. Que les coups-fourrés pour me faire changer d'avis ne m'impressionnnent jamais.

Alors Bertille a essayé la douceur. Et là je dois dire que j'ai presque failli craquer. J'aurais volontiers, si je ne m'étais pas engagé avec Luana, cédé à la tentation.

Mais j'ai des principes et j'essaie de m'y tenir. Même si je rame durement et que cela me torture intensément, et le corps et le cortex.

une petite promenade romantique.jpeg

 Mais revenons-en au sujet qui vous taraude, la présence inopinée de Bertille à l'aéroport.

"Ouh... ouh... Charles....? c'est moi ...Bertille...!".

Effectivement il n'y avait aucun doute... Elle était bien là...

Elle s'était aussi levée aux aurores pour me rejoindre dans cet endroit, grâce sans doute aux informations glanées, comme d'habitude, auprès de la secrétaire d'Adèle, ma chef chez PM.

"- Je n'ai rien à te dire Bertille... le sujet est clos... comme je te l'ai déjà dit par SMS...

- Tu aurais pu me le dire de vive voix alors... cette façon de faire... est un peu lègère à mon sens...

- Je n'ai vraiment pas pu te le dire avant... et je n'en avais pas la force non plus sur le moment.... car j'étais bien avec toi...

- Ah tu vois... ton attitude peut donc prêter à confusion... Charles..

- Je suis d'accord... même si en l'espèce tu es un peu responsable de tout... car tu sais bien que j'ai toujours été trop tactile... que ma défense baisse inévitablement lorsqu'un geste affectueux m'est destiné... comme ceux que tu m'as offerts au Louvre..

- Voyons Charles...

- Bertille... on a fait beaucoup de choses ensemble... mais tout cela est bien fini... il faut que tu le saches... je suis bien avec Luana... et puis...

- Quoi encore..?

- Tout simplement... elle est enceinte... et je ne veux pas gâcher cela... comme avec Clothilde... J'ai décidé de m'inscrire désormais dans la durée... je vais être père et je dois assumer... nous deux c'est fini... alors laisse-moi définitivement tranquille...

- On en reparlera Charles... comme je te connais... on en reparlera... bientôt... et ce n'est pas moi qui viendrais vers toi... mais le contraire... j'en suis sûr... Allez je te laisse, comme cela personne ne pourra dire que je suis une briseuse de ménage.. Bon voyage au Burundi... et n'attrapes pas de coups de soleil lors de ta traversée du désert au Maroc...".

Sur ces dernières paroles, Bertille déploya sa silhouette féline du fauteuil où elle s'était installée peu auparavant et elle s'éloigna...

Je la suivis du regard jusqu'à ce qu'elle franchisse les portes coulissantes ouvrant sur l'extérieur.

Pour m'assurer qu'elle n'allait pas revenir...

Mais tel ne fut pas le cas.

Libéré... j'étais libéré désormais...

"Monsieur, la dame avec qui vous parliez a oublié ceci..." .

Un homme barbu me tira de mes songes en me tendant le foulard parfumé de Bertille, qui avait dû vraisemblablement glissé de son sac...

Je le pris... et le rangeais rapidement dans mon bagage à main. Car il était temps que j'embarque...

Lorsque l'avion décolla un peu plus tard, j'eus le temps d'apercevoir le long de la piste, derrière les grillages clôturant le domaine aéroportuaire, une silhouette blonde grimpée sur le marche-pied de son véhicule...

Bertille...

Elle m'adressa ainsi avec le balancement de son bras droit un au-revoir très émouvant...

Commentaires

Bon séjour au Maroc ....
Laisse Bertille loin de toi , et éloigne toi. Luana pourrait t'en vouloir , même si la relation est rompue de ton coté .

a très bientot

Ecrit par : eloise | 20.03.2009

à mon avis elle a fait exprès d'oublier son foulard... et non je ne suis pas cynique!

bon voyage

Ecrit par : la virge | 20.03.2009

Comme je le disais, elle n'abandonne jamais, prépare-toi à avoir encore de ses nouvelles tôt ou tard.

Ecrit par : Dame scoffield | 20.03.2009

Commence à faire chier cette Bertille... elle est sûre d'elle en plus, elle peut pas te lâcher les baskets non ? t'es pas au bout de tes surprises !!! fais gaffe à ton retour que Luana ne trouve pas le foulard... parce que, tel que je te connais tu vas le garder, tu vas en humer le parfum et ce maudit foulard pourrait bien être la source de futurs ennuis !!!

Ecrit par : ysa | 20.03.2009

tout à fait d'accord ave toi Ysa pour le foulard , des fois un rien peut nous faire imaginer le pire ....

Ecrit par : eloise | 20.03.2009

Je dois être une vilaine, moi, parce que voilà, j'aime bien Bertille ! Votre initiatrice en quelque sorte..
Je pense même qu'elle vous a aidé à devenir ce que vous êtes, et qu'elle arrive toujours au moment ou finalement vous avez besoin de vous remettre en question.. donc d'elle !
Le cordon est dur à couper, et si un jour il y a une fin à votre histoire, il faudra que cela vienne d'elle.. sinon, peine perdu, je ne la vois pas encore battre en retraite !
Une amitié-amoureuses comme la vôtre, qui perdure..
C'est rare !
Pour le foulard, c'est voulu de sa part, mais là, il vaut mieux à votre tour, le perdre, mais au Maroc !
Ysa à raison, à moins que vous n'aimiez vivre dangereusement..
Bonne journée et pour le premier jour du printemps, même soleil pour tout la France

Ecrit par : Virginie | 20.03.2009

Elle est fûtée...et Charles? va-t-il resister au parfum envoutant? nul doute qu'aux premières couches il ne soit ému, mais ensuite?il tombera sur ce foutu foulard ethop, retrouvera le numéro de B.mais non, laissons leur une chance...

Ecrit par : tifenn | 20.03.2009

à Eloise:
merci...
je laisse Bertille loin de moi... car je le souhaite et aussi parce que Luana m'a rapellé que celle-ci n'avait plus rien à faire... dans ma zone affective... et elle a raison...

à Virg':
je le crois aussi... l'intention était manifeste mais si discrète...

à Dame Sco:
je suis prêt... mais j'ai aussi décidé de ne plus répondre à ses manigances

à Ysa:
tu as bien deviné les choses... car son joli foulard, je l'ai humé pas mal de fois... durant mes "petites vacances"... hummmm.... que de souvenirs agréables par ce biais... mais bon.. à un moment... j'ai aussi arrêté ce toc...

à Eloise:
il est certain que je ne dirais rien à Luana sur ce foulard... sinon.... couic..... et à juste titre...

à Virginie:
bravo... très bien expliqué notre relation entre Bertille et moi... on n'efface pas une histoire comme la nôtre en un coup de baguette magique... il faut laisser le temps au temps... et Bertille comprendra...

à Tifenn:
je ne risque plus de tomber sur le foulard désormais... vu l'endroit où je l'ai laissé... ouf... et quant à l'avenir.. on verra bien...

Ecrit par : charlemagnet | 24.03.2009

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