25.03.2009
Le foulard
Dans l'avion, mon esprit a vite déconnecté de la réalité peu après le décollage.
J'ai lu un peu les dernières nouvelles du jour dans le Figaro et puis je n'ai pas pu lutter contre le sommeil.
J'ai donc rejoint Morphée et j'étais bien à rêver là-haut, au dessus des nuages.

Une fois de plus, comme ces dernières nuits, je marchais dans un couloir d'une piscine ensoleillée et colorée que j'avais fréquenté voici plusieurs années.
Au Brésil je crois...
Chaque pas accompli dans cette longue ligne droite me rapprochait d'une silhouette brune qui m'y avait donné rendez-vous.
Elle m'attendait, comme les jours précédents, allongé sur un transat bleu au bord du bassin olympique aux eaux turquoises.
Nous nous étions rencontrés en début de semaine dans la rue principale et grouillante de monde de cette grande métropole.
Je cherchais mon chemin, le nez plongé dans mon Guide du Routard, et elle faisait du lèche-vitrine sans prêter attention aux flux des passants.
Son visage était dissimulé sous un vaste chapeau de paille afin de se protéger des rayons pernicieux du soleil sous cette altitude tropicale.
J'ai juste eu le temps de me rendre compte que ce n'était pas vraiment normal que dans mon champ de vision, derrière la page avec le plan de la ville, surgissent de jolies tropéziennes surmontées de jambes bronzées.
Nous nous sommes percutés devant l'entrée d'un restaurant où elle s'était arrêtée juste un instant pour lire la carte.
Son chapeau a volé quelques secondes dans le ciel et est allée atterrir sur la chaussée surchauffée.
Un vieux taxi Volkswagen qui passait à ce moment-là sonna la fin de ce couvre-chef.
Je ramassais alors très gêné mon livre, tombé à terre, ainsi que le foulard de cette dame aux yeux plissés couleur noisette.
Je lui tendais sa pièce de soie et me confondait immédiatement en excuses pour ma maladresse.
"Ah... vous êtes français..." me dit-elle dans la langue de Molière.
Zut. J'avais oublié que je devais m'exprimer en espagnol.
-"Vous aussi...?
- Non, pas moi... mais mon mari oui..."
Nous discutâmes ainsi quelques minutes à cet endroit. Elle était magnifique...
Je lui proposais alors de la dédommager pour son chapeau, mais elle refusa.
"Monsieur... vous avez oublié d'éteindre votre portable.... il sonne sans cesse depuis quelques minutes... je vous prie donc de le couper immédiatement...".
L'hôtesse me réveilla ainsi en plein rêve.
Je fouillais dans ma poche pour éteindre mon téléphone.
C'était Bertille.
Une fois de plus.
N'arrivant pas à me joindre, elle venait de me laisser un SMS.
"J'ai perdu mon foulard à l'aéroport.... L'aurais-tu? Car j'y tiens beaucoup... Bises. B.."
14:39 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note



Commentaires
J'ai du te dire dans un de mes coms précédents que ce foulard allait être un truc à emmerdes... je sais pas je le sens....
Ecrit par : ysa | 25.03.2009
Et oui le coup du foulard c'est un bon prétexte pour te revoir, pas folle la Bertille !!
Ecrit par : Dame scoffield | 25.03.2009
sacrée bertille! elle a toujours un plan sous le coude pour te créer des soucis!
Ecrit par : la virge | 25.03.2009
Ne fais rien qui pourrais te soulager sur le moment mais que tu regretterais ensuite.
Ecrit par : Eloise | 26.03.2009
En espérant très fort que le foulard soit resté au Maroc....
Ecrit par : Virginie | 26.03.2009
à Ysa:
tu sens tout toi... tu es trop forte... je crois bien que je vais te confier une bnouvelle fois les clés d'un article... :)
à Dame Sco':
rahhhhh ces filles.. vous êtes si futées... et nos avec nos gros sabots... on marche ne plein dedans..
à Virg':
sous le coude... ou ailleurs...!!
à Eloise:
difficile... mais je vais essayer... merci en tous cas..
à Virginie:
avais-je le choix?
Ecrit par : charlemagnet | 26.03.2009
Un foulard sans doute imprégné de son parfum, un vrai piège à souvenirs...
Ecrit par : Gwen | 28.03.2009
à Gwen:
et un vrai attrape-nigaud... comme je le suis...
Ecrit par : charlemagnet | 30.03.2009
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