01.04.2009
Une nuit avec ... (4/4)
La nuit…. Tous les Charl’ ne sont pas gris !!!
Je fais une escale à Tel-Aviv avant de partir pour la Jordanie où je dois faire un reportage sur la cité Nabatéenne de Petra…. si tu as envie de me rencontrer, fais moi signe…. J’ai une nuit devant moi…..
Ce bref message m’a tout d’abord interpellée… j’ai pensé à une blague d’un blogami qui, connaissant les frasques de notre Casanova, avait envie de s’amuser…. Je me suis dit que j’allais m’amuser moi aussi et entrer dans son jeu… rirait bien qui rirait le dernier…. J’ai pourtant très vite constaté que le mail que j’avais reçu émanait bien de notre Charlemagnet en titre, le vrai, le seul, l’unique…..
J’étais partie en avance, à cette heure là l’autoroute était souvent embouteillée et je ne voulais pas le manquer. Afin qu’il puisse me reconnaître, on avait convenu que j’aurai un livre Français à la main …. aucun signe distinctif pour lui…. A moi de deviner… c’est lui qui me reconnaîtrait…..
J’étais comme une jeunette qui part à son premier rendez-vous galant alors que ce n’était pas du tout le but de la rencontre…. Le panneau m’indiquait que l’avion était à l’heure, Je guettais la sortie de chaque passager….. j’entendais les battements de mon cœur s’accélérer et mon regard ne pouvait se détacher de la porte automatique qui s’ouvrait et se fermait, déversant à chaque fois un petit groupe de voyageurs. Je ne sais pas pourquoi mais tout à coup j’ai été prise d’une peur panique, j’ai planqué mon bouquin… et j’ai failli faire demi tour….je ne voulais pas qu’il me voit…..j’avais peur….
Je crois que je voulais le reconnaître en premier, je voulais le voir avant qu’il ne me voit. Je ne sais pas pourquoi je faisais autant de chichi…. je ne me sentais pas à la hauteur, je n’étais pas la perverse Bertille qui par un simple effleurement de la main pouvait le faire chavirer, je n’étais pas la douce Luana qui avait ravi son cœur sous le ciel Afghan…. Je ne ressemblais à aucune de ces filles qui lui avaient fait tourner la tête… j’étais simplement Ysa, avec son jean’s, ses converses, une crème hydratante en guise de maquillage…..et, pour seul luxe, quelques gouttes d’Opium vaporisées négligemment sur mon tee-shirt… et là… au beau milieu de la foule, moi qui avais toujours été si sûre, moi qui n’avais peur de rien… j’étais en train de me dire que j’aurai pu faire un effort, j’aurai pu m’endimancher et me faire un petit ravalement pour faire honneur à cette figure emblématique de la blogosphère….
L’heure n’était plus aux questions, je l’ai reconnu tout de suite, je n’avais jamais réussi à l’imaginer et pourtant je savais que c’était lui. J’avais le livre planqué dans mon sac, j’allais le sortir quand il s’est avancé vers moi…..
- Ysa ?
- Oui…
- Enchanté…. Charlemagnet…
- Je t’avais reconnu
- Moi aussi….
Le ton était donné…. Il était souriant, décontracté et je ne sais pas pourquoi mais j’osais à peine le regarder. Je ne sais pas si je me l’étais imaginé comme ça, en fait il fait partie de ces personnes qu’on arrive pas à se représenter physiquement. Il m’a tout de suite plu et je crois que c’était réciproque. Au bout de 5 minutes on avait l’impression de se connaître depuis des lustres….. la soirée commençait plutôt bien.
Il m’avait laissé libre choix pour notre destination, il m’avait dit « tu seras mon guide, tu seras mon étoile pour cette nuit, je te laisse le choix de tout »…..
Je ne voulais pas que ça soit banal, un bel hôtel avec un dîner aux chandelles, il devait être habitué, le champagne dans un jaccuzi sur une terrasse dominant la baie de Tel-Aviv, il avait du faire ça maintes et maintes fois dans d’autres contrées…. je voulais marquer cette nuit que nous allions passer ensemble, je voulais m’en souvenir, je voulais que lui aussi s’en souvienne. Je voulais que cette nuit ne ressemble à aucune autre, parce que je ne faisais pas partie du monde habituel qu’il fréquentait … je voulais marquer ma différence…..je ne voulais surtout pas qu’il m’oublie et peut-être qu’un jour moi aussi j’aurai droit à un bel article sur son blog…..
Installé confortablement dans mon RAV 4, nous avons pris la direction de Jérusalem puis bifurqué vers Yam a Melah (la Mer Morte). Lorsque nous avons entamé la portion de désert qui descend vers la mer, laissant Jéricho à notre gauche, …. Le soleil commençait à baisser et la mer reflétait des couleurs argentées. Au loin les montagnes Jordaniennes se paraient de leurs couleurs de nuit, et se déclinaient en tons ocres, jaunes et orangers. Un léger vent chaud commençait à souffler.
J’avais réservé une nuit sous une tente bédouine, Ce n’était pas le genre de chose qu’il pourrait faire à Paris…. J’avais tapé dans le mille….. A notre arrivée on nous attendait avec le thé à la menthe et la balade obligatoire à dos de dromadaire. Nous sommes montés tous les deux sur la même bête, ne me demandez pas pourquoi, je me pose encore la question aujourd’hui…. Nous l’avons fait naturellement…. je crois que l’on se sentait proche et qu’on voulait profiter de chaque instant….. Je tenais Charl’ par la taille et mon visage effleurait son cou d’où je sentais les effluves de Farenheit, mon parfum préféré….. il aurait suffit d’un rien pour que je bascule….
Nous avons dîné à la belle étoile, de produits purement locaux, les bédouins avaient allumé un feu qui attisé par le vent crépitait fortement. Charl’ mit sa main dans la mienne et s’approchait de mon visage quand Omar, notre ami bédouin trébucha avec la Théière et renversa du thé brûlant sur le tapis oriental. Plus de peur que de mal…. Le charme était rompu… le Charl’ aussi…..
La nuit était claire, le ciel tapissé d’étoiles. Charl’ voulait se glisser dans les eaux de cette mer qui l’intriguait. Je lui donnais les recommandations utiles pour ce genre d’expérience. L’eau était tiède et une sensation de bien être nous envahissait. Nous ne parlions presque pas, nous regardions les montagnes qui nous entouraient. Comme à chaque fois j’avais le souffle coupé par tant de beauté, Je crois que Charl’ était lui aussi ému par cet environnement qu’il découvrait pour la première fois. Il se laissait flotter au grès de l’eau et parfois chantonnait.
Nous nous sommes rincés, l’eau de la douche extérieure était froide, nous nous sommes enveloppés dans nos serviettes de bain et sommes restés allongés sur le sable….. j’avais un peu froid alors Charl’ m’a entouré de ses bras, -pour me réchauffer disait-il-…. L’odeur du Fareinheit persistait sur sa peau, même après le bain d’eau salée…. Je déposais ma tête sur sa poitrine et me laissait aller…. ses lèvres effleurèrent les miennes quand soudain, tel un diable sorti de sa boite, un homme d’une cinquantaine d’année nous demanda si nous n’allions pas sur Tel-Aviv, il avait loupé le dernier autobus et cherchait à rentrer chez lui.
Je lui indiquais que nous ne retournerions sur Tel-Aviv qu’au lever du jour, il me baragouinait qu’il ne pouvait pas attendre, qu’il devait rentrer et commençait à me raconter sa vie. J’étais exaspérée, Charl’ commençait à s’impatienter et le fait de ne pas parler la langue l’énervait deux fois plus.
Après avoir pris congé du charmant perturbateur, nous décidâmes de rejoindre la tente bédouine afin d’y entamer la nuit.
Bien que rudimentaire elle était assez confortable……. Pas un bruit ne venait troubler notre douce quiétude…. Il était déjà trois heures du matin, nous devions reprendre la route au lever du jour, vers 5 h 45, il restait peu de temps de sommeil…. Nous n’avions pas envie de dormir… nous voulions profiter l’un de l’autre….. les restes du feu envoyaient d’étranges ombres sur notre tente, on entendait parfois le petit bruit d’un animal sauvage dans le lointain….
Nous avions chacun un sac de couchage…. au bout de quelques minutes, les deux sacs se transformèrent en un seul….. le contact de la peau de Charl’ était agréable…. J’en aimais la texture…. Nous avions opéré un net rapprochement, nous ne parlions pas, nous nous contentions de nous regarder….. de nous toucher….. les choses commençaient à devenir plus sérieuses lorsqu’Omar a frappé à notre tente en criant des mots que je ne comprenais pas…..
Dans sa panique il parlait en arabe et d’une façon telle que j’avais l’impression que le ciel nous tombait sur la tête…..
Nous nous sommes levés vite fait. Charles sauta si vite dans son pantalon qu’il faillit tomber à la renverse, cela engendra une sacrée crise de fou rire….. mais dehors, Omar vitupérait de plus belle….. nous avons essayé de calmer cet homme qui semblait visiblement très effrayé….. il s’agrippait à moi tel un oursin sur son rocher, et m’indiquait une tente plus loin qui était en fait la sienne….. il me faisait signe d’y aller mais j’étais seule autorisée à y entrer….pour Charles c’était « assour » (interdit)….. et pour cause, sa jeune épouse montrait les premiers signes d’un accouchement et il fallait faire vite. Il n’était pas question de l’emmener à l’hôpital de Beer-Shéva, le bédouin ne voulait pas en entendre parler, chez lui on accouchait sous la tente de mère en fille et d’ailleurs, avait-il seulement une sécurité sociale ou une assurance lui donnant accès aux soins ? nous n’avions pas le temps de nous pencher sur ces détails… il fallait faire vite….
Je mandatais Charl pour aller chercher un médecin dans un des hôtels du petit lieu dit de « Ein Boqueq » qui n’était qu’à trois bornes de notre campement. Je lui indiquais la route vite fait…, il avait beaucoup voyagé et cette mission ne lui semblait pas compliquée, 30 minutes plus tard, il revenait avec un médecin qui prit rapidement les choses en main.
Nous sommes restés près du feu avec Omar, essayant de le calmer, buvant des tonnes de thé fumant…. Et…. aux premières lueurs du jour…. il nous brandissait avec fierté une petite fille fragile et toute endormie qu’il avait décidé de baptiser du prénom de Charlysa……en hommage à l’aide qu’on lui avait apportée….
Nous étions émus, on se regardait tendrement, fiers de ce que nous avions accompli…. Déçus peut-être de ce que nous n’avions pas pu faire…. Mais au fond…. Le but était atteint…. Cette nuit là resterait à jamais gravée dans notre mémoire…. et là bas….quelque part dans le désert, grandirait une petite Charlysa….. fruit de notre amicale entente et nos deux prénoms se rejoignaient pour n’en former plus qu'un...
Ysa
09:24 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note



Commentaires
wouahhhh quelle nuit ! riche en émotion !!!
Ecrit par : eloise | 01.04.2009
Belle histoire...
Quel beau souvenir !
Deuxième but atteint, aussi bouleversée que vous deux...
Encore un bien joli prénom que Charlysa !
Ecrit par : Virginie | 01.04.2009
waouh quelle nuit!
bon j'ai eu un peu peur que charlemagnet se transforme en sage-femme mais tout est bien qui finit bien...charlysa quel beau prénom!
dis il t'arrive beaucoup d'aventures charlemagnet...
Ecrit par : la virge | 01.04.2009
à Eloïse:
oui... je n'en voyais pas la fin...
à Virginie:
oui... une histoire magnifique... comme un conte des 1.001 nuits
à Virg':
oui il m'arrive beaucoup de choses... mais comme tout à chacun...
Ecrit par : charlemagnet | 01.04.2009
Il y a de vraies romantiques par ici ;-)
Ecrit par : tifenn | 01.04.2009
à Tifenn:
oui........
Ecrit par : charlemagnet | 01.04.2009
Je pensais avoir fait très soft.... juste dans la suggestion et je me rends compte finalement que je suis allée un peu loin par rapport aux autres....je rougis maintenant....je file me cacher.....quelle vilaine que je suis.... mais quand je la relis, elle me plait quand même bien cette histoire.....
Ecrit par : ysa | 01.04.2009
Elle est très bien ton histoire... du 1er avril... C'était cela le but: surprendre..... et tel est le cas... Alors ne rougis pas...!
Ecrit par : Charl | 01.04.2009
Mais t'as raison, c'est le premier avril, on peut raconter ce qu'on veut.... mince alors.... du coup je regrette de ne pas avoir fait plus hard !!!!
Ecrit par : ysa | 01.04.2009
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