14.10.2008
Le lagon
A peine sorti de la cuisine, je prenais le virage conduisant à l'escalier intérieur et je m'étalais de toute ma hauteur, contre une commode Louis XV. Maria avait une fois de plus trop ciré le parquet. Cette fois ce n'était pas Aliénor et Blanche, qui chutaient à l'occasion d'une partie de cache-cache, mais bien moi. Le temps de reprendre mes esprits, et Bertille était déjà à mes côtés.
Elle m'aida à me relever. Nos yeux se croisèrent une nouvelle fois et je comprenais que sa dernière phrase, lancée avant que ne je détale, ne renfermait pas de la colère mais autre chose de plus passionnel. A nouveau, nos bouches se lièrent et cette fois nos corps se rapprochèrent irrésistiblement. Je sentais aussi les mains de Bertille m'enserrant délicatement. Comme pour faire durer plus longtemps encore ce moment...
Sans parler, Bertille saisît ma main et m'entraîna jusqu'à ma chambre. Elle tira le loquet pour fermer à clef mon petit domaine. J'étais juste derrière elle, toujours dans l'obscurité. Je l'attrapais alors par la taille et venait me coller contre son dos en déposant des baisers dans son cou. Bien vite, tandis que sa chemise de nuit et mon caleçon faisaient la causette sur le parquet, nos corps apprenaient à se connaître pour la première fois.

J'avais tant imaginé ce moment dans mes pensées intimes le soir avant de me coucher. Le corps de Bertille, si féminin, était si doux et chaud. Néanmoins la position debout était à la longue fatiguante, et nous échouâmes sur le tapis à côté du lit. Tels 2 dauphins effectuant une danse nuptiale dans les eaux turquoises d'un lagon, nos corps se disjoignaient et s'aimantaient au fil de notre acte d'amour... tant sur le parquet que sur le lit. Juste avant que le soleil ne se levât, nous filâmes dans ma salle de bains afin de prendre ensemble une douche réparatrice. La tentation était grande de continuer à user de nos sens. Ce que nous fîmes, mais plus rapidement que précédemment...
"Maman....Maman...". Blanche venait de se réveiller et réclamait sa mère. Bertille m'embrassa une dernière fois et fila.
11:48 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois
13.10.2008
Sur le nez
J'ai eu chaud cette nuit-là, très chaud. Et soif aussi. Très soif. Sans doute à cause des premières chaleurs du printemps ou des verres de bière ingurgités. Je me réveillais donc en sursaut, et en sueur, vers 3 heures du matin. Je décidais de descendre jusqu'à la cuisine pour me servir un verre d'eau gazeuse. Car je n'avais rien dans ma chambre. Que de l'eau du robinet, et pas fraîche. Tout le monde dormait bien tranquillement. J'entendais les divers ronflements venant des chambres tandis que je passais dans le long couloir de l'étage.
Au rez-de-chaussée, dans la cuisine, le calme régnait également. Et l'ordre aussi. Maria tenait parfaitement son rôle de cuisinière et de femme ordonnée. Tandis que je prenais mon temps pour boire mon Perrier, et que je rêvassais aussi dans la pénombre, assis sur un tabouret de la cuisine américaine, un bruit de pas approcha. Une ombre, que je reconnaissais, entra à son tour dans la pièce.
"Alors Charlemagnet, on se promène torse nu et en caleçon chez moi?"... Et oui, c'était Bertille, la maîtresse de maison. Elle aussi avait visiblement soif car elle alla directement vers le réfrigérateur et se servit la même chose que moi. "Je t'ai entendu passer dans le couloir, Charlemagnet! J'ai reconnu ton pas. Et comme j'avais soif aussi. Me voici donc!". Elle s'assit alors à côté de moi. Elle aussi était très peu habillée. Une jolie nuisette blanche, légérement décolletée, couvrant à peine ses genoux et sobrement ouverte sur les côtés. Heureusement que l'obscurité cachait mon regard, car sinon je n'aurais pas pu regarder dans sa direction. J'éprouvais une certaine gêne à pouvoir la détailler ainsi, presque librement, si près d'elle, à moins de 50 cm. Et outre son corps à moitié caché, même son parfum m'enivrait. Je baissais alors mes yeux jusqu'à ses pieds nus.
"Je te voir rougir d'ici, à me regarder dans le noir, Charlemagnet. Pourtant tu m'as déjà vu en maillot de bain. Et puis une femme est une femme, on est toutes pareilles!" me lança alors Bertille en riant...avant d'ajouter une réplique que je n'ai jamais oublié "Mais pourquoi rougis-tu autant à chaque fois que tu me vois désormais? Avant, tu n'étais pas comme ça? Qu'est-ce qu'il t'arrive? Aurais-tu un tracas intime?".
J'étais en décomposition totale. Et coincé. Quoi répondre? Je ne pouvais quand même pas lui dire que je l'aimais en secret depuis quelques mois. Que j'étais désespéré d'être aussi incapable de le lui expliquer. Elle avait 10 ans de plus que moi, était veuve et avait 2 enfants. Une liaison n'était pas concevable. C'était impossible et non conventionnel...Bref, une impasse...
Je pris alors mon verre, le terminait en une gorgée, descendait du tabourait et je me lançais. Tant pis pour les éventuels soucis qui pourraient advenir après. Je l'aimais trop et je n'avais pas envie de regretter cet instant toute ma vie. Je déposais aussitôt un petit baiser sur ses lèvres que je ratais. En plein sur le nez. Bertille ne hurla pas face à cette agression. Elle ne recula pas non plus. Je recommençais... et cette fois fut la bonne. Bertille ne me repoussa pas davantage. L'échange dura presque une minute avant que la réalité de la situation ne retraverse mon esprit.... Ooouuuhlahhhhhhhhhh... Je filais en courant jusqu'à ma chambre.
"Charlemagnet... attends!....ne pars pas" ...
09:00 Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois
10.10.2008
Le thé à la menthe
Bertille était donc devant la porte, avec un plateau dans les mains. Aliénor et Blanche étaient déjà couchées depuis une bonne heure et dormaient profondément. Les autres étudiants avaient déserté la maison, soit pour aller fêter la fin des examens (car les étudiants ont toujours quelque chose à fêter!), soit pour une soirée ciné-resto dans le quartier. Moi j'étais donc resté là, comme souvent ces derniers temps.
Bertille avait apporté du thé à la menthe, qu'elle adorait préparer elle-même avec de la vraie menthe séchée, et 2 tasses. "Je ne te dérange pas, j'espère, Charlemagnet?"... demanda-t-elle. "Non, non, bien sûr, entrez Bertille!" lui répondis-je, en m'effaçant du passage. "Vous permettez?" . Je récupérais alors le plateau et le déposais sur un petit guéridon. Ce cérémonial n'était pas nouveau pour moi, car bien souvent Bertille venait me voir ainsi, avec sa boisson préférée, pour papoter.
On commença donc à parler, d'abord de sa semaine passée chez sa soeur, puis de choses et d'autres. Au bout d'un bon quart d'heure, ma peur primale avait disparu et je ne voyais plus Bertille, non comme un amour inaccessible à refouler, mais comme une personne normale avec qui je m'entretenais naturellement, ou presque. La soirée passa très vite et un à un les étudiants commencèrent à rentrer. Certains se joignirent à nous, comme Paolo, Michael ou Kerstin. Ils avaient vu la lumière allumée de ma chambre et il n'était pas rare qu'on termine ainsi ensemble une soirée à discuter ou à chanter.
Ma chambre étant assez petite, tout le monde s'asseyait un peu comme il le voulait, à droite et à gauche, sur un bout de lit, sur un fauteuil, ou plus simplement par terre sur le parquet. Paolo et Kerstin, les 2 amoureux, se mirent côte à côte sur mon lit, et moi je me retrouvais alors à côté de Bertille, elle sur mon fauteuil Ikea, et moi sur un pouf. Michael arriva peu après, tout comme Marie et Sabine, et la discussion reprit sans discontinuer jusqu'au milieu de la nuit... Le départ des 2 amoureux sonna alors la fin de la soirée, au cours de laquelle du ravitaillement en bière avait même été apporté. Chacun décida alors de regagner sa chambre, totalement exténué et un peu gris, et Bertille me souhaita, comme aux autres, une bonne nuit.
Une nuit... que je n'ai jamais oublié en fait!
08:23 Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois
06.10.2008
La 1ère fois
Pendant mes 3 années de résidence chez Bertille, je vous ai déjà expliqué que souvent, le soir, elle me rejoignait dans ma chambre pour parler de choses et d'autres. Les contacts rapprochés initiaux cédèrent vite la place aux rapports physiques. Comment? C'est cela que je vais vous raconter...
Comme je vous l'ai déjà dit, Bertille était vraiment une magnifique veuve. Des cheveux blonds souvent attachés, une taille, des mains et des jambes si fines, de nombreux grains de beauté cachés ou non sur sa peau claire et douce... Vraiment tout pour plaire. Alors pour un jeune étudiant que j'étais, parler presque chaque soir avec une femme plus âgée, et aussi belle, était très troublant. C'était une autre dimension par rapport à la fac.
Pourtant avec les filles de la fac, cela se passait bien, je vous rassure. J'avais pu m'intégrer dans un groupe de provinciaux montés à Paris et on rigolait bien. J'ai fait plein de rencontres à cette époque. Certaines amicales, d'autres amoureuses. Le choix sur le campus était néamoins limité. Entre les bûcheuses invétérées, inintéressantes (et moches aussi), qui ne vous jetaient jamais un regard et qui ont dû, soit se recycler dans les ordres, soit s'enfoncer dans le célibat. Et entre les noceuses quasi professionnelles, pratiquement tout le temps imbibées d'alcool, qui multiplaient les rencontres, et les infections sexuelles aussi. Bref, aucun coup de foudre véritable...
En fait, je me suis rendu compte de l'importance de Bertille dans mes sentiments, lorsque celle-ci s'est absentée quelques jours chez sa soeur Bernadette. J'ai quasiment eu une petite dépression. Je mangeais quasiment rien. Je dormais très mal. Je tournais souvent en rond dans ma chambre et quelquefois je comptais même les heures jusqu'à son retour. A la fac, je parlais moins avec mes amis, j'évitais de m'attarder après les cours, et j'avais beaucoup de mal à être attentif en amphi ou en T.D. Le sourire de Bertille passait en boucle dans mon cerveau.
Bertille réapparut comme prévu en fin de semaine. Elle me demanda si tout s'était bien passé en son absence. J'acquiéçais de la tête, la gorge encore nouée. Elle passa la journée à s'affairer dans la maison et moi, je restais reclus dans ma chambre à réviser pour mes prochains partiels. Je ne descendais pas au dîner comme je le lui avais annoncé au moment de notre conversation de retrouvailles. Pourquoi?
Principalement parce que je me sentais incapable de la regarder dans les yeux durant le repas. Accessoirement car j'avais des tonnes de choses à apprendre, du moins à essayer. En plus, j'étais trop troublé en sa présence. Je devenais gauche dès qu'elle était à moins de 20 mètres. Je ne voulais pas que cela se devine. Quelques jours passèrent ainsi et le soir de la fin de mes partiels, elle se présenta à la porte de ma chambre.
Le moment tant redouté de notre tête à tête était arrivé. Mes sentiments pour elles s'étaient démultipliés depuis ces dernières semaines. Je n'arrivais plus à aligner 3 mots lorsque je la croisais. Par exemple, lorsqu'elle s'approchait de moi le matin pour me saluer, ou le soir lorsqu'elle me souhaitait une bonne nuit après que j'eus fait un rapide billard pour me décontracter. C'était horrible. Cela ne m'était jamais arrivé auparavant. Même avec Elsa..
Finalement, au bout d'une minute passée idiotement à trembler sur mes jambes, j'ouvrais la porte de ma chambre...
07:15 Lien permanent | Commentaires (51) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois


