03.10.2008
L'annonce
Je dois dire que ce soir-là, j'avais, involontairement, frôlé la catastrophe. Malgré tout, la fin de soirée fut excellente.
Bertille a retrouvé son sourire ensorceleur. Aliénor a continué à faire la fofolle toute la nuit. Et les invités se sont eux aussi beaucoup amusés.
A un moment donné, quasiment à la fin de la soirée, j'ai vu s'éloigner ensemble la mère et la fille aînée dans le vestibule. Visiblement l'heure de l'annonce de notre liaison avait sonné. 5 minutes après, elles revenaient en riant toutes les 2, bras-dessus, bras-dessous. Bertille me lança un petit clin d'oeil et obliqua vers l'entrée de la maison afin de saluer les derniers convives qui patientaient avant de rentrer chez eux. Aliénor passa à côté de moi, m'attrapa par le bras et me dit "Viens!". Naturellement, comme je suis bien élevé, je la suivais.
"Tu sais Charlemagnet, je suis au courant pour vous 2 depuis quelques années. Un jour, en rentrant du lycée, j'avais un peu trouvé bizarre que la maison soit vide en plein après-midi. Et à l'étage, j'ai entendu des bruits sourds. Je suis montée discrètement. La porte de ton ancienne chambre était fermée de l'intérieur. J'ai reconnu le rire de Maman, et lorsque j'ai, excuse-moi, regardé par la serrure, car la tentation était grande, je n'ai vu que tes fesses. Tu me tournais le dos, tout nu, et debout sur le lit, au dessus de Maman. tu gesticulais dans tous les sens. Apparemment tu imitais un bassiste, car de la musique rock passait en fond sonore. J'ai vite compris à ce moment là... pour vous 2.. Je n'avais plus 5 ans...". Si quelques heures auparavant, j'étais à 12.000 mètres d'altitiude, là j'ai vite atterri. "Tu as vu mes fesses, alors!!". La honte!
Quoiqu'il en soit, ce soir-là je pus m'endormir dans les bras de Bertille et profiter pleinement des premiers rayons de soleil le lendemain matin. Je n'avais pas, comme avant, à m'éclipser rapidement avant que les filles ne se réveillent. J'étais ravi même si je repensais à l'image de mon postérieur ainsi exposé. Ooohhhh!!......

08:22 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : aliénor
02.10.2008
12.000 mètres d'altitude
"Qu'est-ce-que c'est que cette histoire, Charlemagnet? tu n'as pas honte!" me lança Bertille à voix basse, aux pieds de l'escalier intérieur, dans le corridor, tandis que je rentrais 20 secondes après Aliénor, assez penaud. "La mère ne te suffit pas! tu veux la fille maintenant!...". J'avoue qu'à ce moment-là, j'aurais bien pris la poudre d'escampette. Mais je ne pouvais pas partir. Le château était perdu en pleine campagne et la gare fermée à cette heure avancée. Cela m'obligeait à tenter une rapide conciliation si je ne voulais pas que la fête se transforme en cauchemar. Et dormir à la cave.
Aliénor réapparut alors en riant dans l'encadrement de la porte et lança "J'ai gagné Maman, j'ai gagné...". Je ne sais pas vous, mais moi j'étais à 12.000 mètres d'altitude à ce moment-là. Je ne comprenais plus rien. Aliénor qui pleurait. Aliénor qui m'embrassait à pleine bouche. Aliénor qui s'enfuyait sans aucune explication. Bertille qui me crucifiait sur place. Aliénor qui ressurgissait peu après, un grand sourire aux lèvres en nous jetant cette phrase incompréhensible.
"Que veux-tu dire Aliénor?"interrogea dans la foulée Bertille, toujours aussi irritée."J'ai fait un pari stupide avec Aude, Adèle et Blandine . La première de nous 3 qui réussissait à embrasser Charlemagnet gagnait une caisse de champagne... J'ai bien failli perdre lorsque vous étiez tous les 3 dans la salle de billard, un peu collés-serrés et allongés sur la banquette... J'ai vite été voir le DJ et les slows m'ont sauvé. Marguerite, tu sais la fille du gardien, m'a bien rendu service en te kidnappant au passage et en dansant ce slow. Ensuite, j'ai pris les choses en mains...".
"J'avoue que ce n'est pas très...très...intelligent, mais le jour de ses 20 ans, la plaisanterie peut-elle être acceptée et pardonnée quand même Mamounette?........Cela vous gêne-t-il?" demanda d'une voix charmante Aliénor.... "Non, non ... Pas le moins du monde..." rétorqua presque en s'étranglant Bertille, "C'est vrai que j'eus préféré un concours de piano par exemple. ..Mais je dois être "dépassée" maintenant, car vos jeux de "jeunes" me surprennent un peu...".... "Ah!...ouf.... je croyais un moment que tu étais jalouse..." lança Aliénor juste avant de repartir danser.
Bertille se retourna à ce moment-là vers moi et conclua la conversation par ces mots "Je crois qu'il serait opportun désormais qu'elle soit au courant de notre liaison. Ce soir, tu dors dans ma chambre. Un point c'est tout!!". Chouette alors!
Même si Aliénor a quand même dit "il"est en couple avec quelqu'un déjà et tu le connais bien! tout comme sa maîtresse aussi!". Bizarre, non!
07:05 Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : aliénor
30.09.2008
Le secret
En descendant les quelques marches, je pris conscience qu'il faisait très sombre et frais dehors. Surtout par rapport au salon où la promiscuité des danseurs avait bien échauffé nos corps. J'avais une dizaine de mètres d'avance sur Aliénor et j'attendis qu'elle me rejoigne. "Que t'arrive-t-il Aliénor? tu as un problème?" ...."Oui Charlemagnet! j'ai un problème existentiel qui me mine depuis quelques temps déjà...".
"J'ai 20 ans ...et j'ai peu connu d'aventures masculines depuis mon adolescence. J'ai beaucoup de mal avec les garçons de mon âge, que je trouve immatures et ennuyeux. Quant aux autres, plus âgés, ce sont souvent des coureurs qui ne pensent qu'à une chose...avant de détaler..". Je me demandais bien où Aliénor voulait en venir. Elle saisit alors ma main gauche, la souleva et déposa un baiser dessus.
Un geste en soi non répréhensible et inédit, puisqu'elle le faisait souvent depuis 10 ans. Depuis le départ si brusque de son père. "Le problème, c'est que je suis amoureuse de quelqu'un, alors que je ne le devrais pas. Il est en couple avec quelqu'un déjà et tu le connais bien! tout comme sa maîtresse aussi!". Je me creusais alors les méninges pour essayer de trouver, dans le petit monde qui tournait autour d'Aliénor, celui qui avait déclenché cette peine!. "Jean-Charles?"... "Oh non Charlemagnet, pas lui!"...."Pierre de T...?"....."Non plus! c'est vrai que je l'aime bien! mais il est fiancé et je respecte trop Clotilde!"... Je passais en revue une dizaine de noms et bientôt je n'eus plus aucune idée. "Je ne sais pas, Aliénor! ...". En tous cas, cela ne pouvait pas être moi, car ma relation avec Bertille était toujours restée secrète.
Je levais alors le regard des mains d'Aliénor pour voir ce qu'elle allait me dire. Je vis qu'une petite larme avait déjà parcouru tout son visage pour se perdre dans son cou. D'autres larmes, toutes aussi discrètes, ruisselaient elles aussi et allaient se perdre sur son corps. Ses yeux brillaient trop intensément par rapport à d'habitude. Ses joues s'empourprèrent. Elle éclata alors en sanglots. "Non Aliénor, tu ne peux pas pleurer le jour de tes 20 ans! en plus pour ....".
Je n'eus pas le temps de finir ma phrase. Aliénor s'approcha de mon visage et m'embrassa fougueusement. Je reculais immédiatement, assez gêné, mais elle recommença. Puis elle se leva, sans un mot, et rejoignit ses invités en courant.
J'étais totalement emprunt de malaise et de honte. En plus, à ce moment là, j'aperçus Bertille, au 1er étage, derrière la vitre de sa chambre, avec un regard fixe et glacial, et un mauvais sourire crispé...
07:00 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : aliénor
29.09.2008
Aliénor
Aliénor est la fille aînée de Bertille. On a peu d'écart en âge finalement puisque Bertille l'a eu très jeune. Lorsque j'ai débarqué à Paris, elle était encore toute jeune. Elle, 10 ans et moi 18 ans. Je vous rassure tout de suite. A cette époque, il ne s'est rien passé entre elle et moi. Ni entre Bertille et moi d'ailleurs. Durant ces 3 années où j'ai séjourné dans cette gentille famille aristocrate, j'ai noué peu à peu des liens avec Aliénor. Le soir, elle aimait venir m'embêter dans ma chambre, avant d'aller se coucher. Elle venait un petit quart d'heure, le temps que Bertille lise une histoire à sa soeur, Blanche. A chaque fois, elle entrait en frappant à la porte, et sans attendre de réponses. Du coup, j'étais habitué de sa venue et j'évitais toute tenue négligée. Aliénor commençait donc par venir s'asseoir sur mon bureau. Et fouiller dans mes cours et mes petits papiers. Bien entendu, mon agenda, jamais rangé, avait droit aussi à son inspection. "C'est qui elle? je la connais" me demandait-elle fréquemment à propos d'un prénom noté à côté d'une heure de la journée. "euh, non! c'est la secrétaire de la fac. je dois lui apporter mon T.D". "Et elle?"..... "Non plus, c'est une copine avec qui j'ai rendez-vous pour aller au ciné!"... "Tu l'aimes?" .... "Mais non c'est une copine comme ça...".... "C'est quoi comme ça?"...."Et bien ça veut dire qu'on est copains simplement, sans être amoureux!". etc, etc....
Aliénor adorait donc s'informer sur ma vie. Pas sur celle des autres étudiants, car "ils lui faisaient peur", et surtout celui du Penjhab, avec sa barbe touffue et son turban. Elle me parlait aussi de ses journées à l'école en primaire. Passionnant! De ses fâcheries avec Camille ou de ses fous-rires avec Adèle ou Aude. Ce qui fait que je connaissais pratiquement toute la classe. De noms. Et de vu aussi, vu que pour arrondir mes fins de mois, j'allais souvent la récupérer à la sortie de son établissement catholique. Avec sa petite soeur. J'ai donc vu grandir Aliénor durant 3 ans à cette époque. Je l'ai vu aussi sortir de l'enfance et passer à l'adolescence. Mais Aliénor était comme Bertille, fondamentalement gentille. Ce qui fait que cette période se passa bien. Malgré le décès de son père, qui ne la déstabilisa pas trop, mais la rapprocha de sa mère. De mon côté, j'essayais de jouer le rôle du grand frère, et cela arrangeait bien Aliénor lorsque les garçons du collège devenaient insistants.
Après mon départ, je revins régulièrement chez Bertille. Lorsque celle-ci me conviait de temps à autre à dîner, seul ou accompagné. Aliénor était toujours aussi inquisitrice sur ma vie. Mais comme je l'aimais bien, cela ne me dérangeait guère. Elle me donnait même quelques conseils sur les secrets féminins et s'amusait à me critiquer lorsqu'elle estimait que ma copine du moment n'allait pas avec moi. De son côté, Aliénor avait beaucoup de succès, son élégance plaisant beaucoup aux jeunes gominés à la raie impeccable. Mais Aliénor s'en moquait assez, et peu d'entre eux ont pu gôuter à la joie d'un baiser. Aliénor préférait ses études et le piano. Point final.
L'été de ses 20 ans, Bertille avait donné une grande fête en l'honneur de sa fille, avec un tas d'amis dans la maison de campagne de famille. J'avais bien sûr été invité, mais seul. Le temps était magnifique ce soir-là. L'alcool coulait à flot raisonnable et la musique étourdissait aussi les têtes. Toute la soirée, j'avais bien rigolé avec quelques jeunes filles, amies d'Aliénor. Celle-ci leur avait tant parler de moi que j'avais un tas de réponses à leur apporter. De son côté, Aliénor était ravie mais je voyais bien aussi que quelque chose la gênait chez moi, puisqu'elle me regardait trop souvent avec son oeil noir. A la fin d'un slow un peu trop langoureux avec une jeune brune dont j'ai oublié le prénom, Aliénor se faufila jusqu'à moi et demanda poliment à prendre la place de ma cavalière. Je la pris dans mes bras et "hôtel california" égréna ses premières notes. A la fin du morceau, durant lequel nous n'échangeâmes pas trop de paroles, je sentis bien que les mains d'Aliénor ne me lâchaient pas. Finalement, un morceau de U2 facilita aussitôt la chose et je sortis prendre l'air dans le parc.
"Charlemagnet, attends moi s'il te plait, il faut que je te parle, hum..., comment dire..., de quelque chose d'important pour moi..." me lança Aliénor du haut du perron.
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11.09.2008
Bertille (suite encore...)
Je ne vous ai pas dit. Mais lorsque je suis rentré d'Oslo assez éreinté mardi soir, en trifouillant mon courrier, mon regard a été interpellé par une lettre à en-tête de la maison de V... Bertille? J'ouvrais donc vite cette petite missive au format d'une carte de voeux et à l'intérieur je trouvais quelques mots hâtivement rédigés. "Mon cher Charlemagnet, je me permets de t'envoyer ces quelques mots, après 24 mois de silence (et j'espère que tu auras l'obligeance de m'accorder le pardon), car il faut que je te vois de toute urgence. Bertille." J'appelais dans la foulée au numéro indiqué sur la carte, qui n'avait en fait pas changé, et je tombais sur Maria. Toujours là elle! Celle-ci me passa alors Bertille.
"Charlemagnet, tu ne dois pas le savoir mais feu Romaric, mon nouveau mari, est décédé l'an passé d'une crise cardiaque. Je vis donc désormais seule ici dans ce grand appartement que tu connais. J'ai régulièrement des nouvelles d' Aliénor et de Blanche. Mais comme elles ont quitté Paris pour suivre leurs époux en province, je suis pratiquement souvent seule ici. Ce dont je ne me plains pas. Car lorsque tout ce petit monde débarque aux vacances, je prends vite conscience qu'être grand-mère est un métier éreintant". "Certes, certes" me dis-je "mais j'espère qu'elle va vite en venir aux faits". Après 5 longues minutes de palabres inutiles, j'appris alors que Bertille souhaitait que je l'accompagne à une réception privée.
"Charlemagnet, tu sais que sa sainteté Benoit XVI sera à Paris dès vendredi. L'ambassade de X.... m'a envoyé une invitation pour assister à un gala de bienfaisance vendredi en fin d'après-midi. Notre famille participant depuis des décennies aux oeuvres de charité d'une association d'aide aux orphelins lépreux, je me dois absolument d'y être. Et j'ai pensé à toi pour m'accompagner. Comme avant...". Aïe, aïe, aïe... le moins que l'on puisse dire, c'est que j'aurais préféré aller à Versailles avec elle voir Jeff Koons. Mais bon... "Entendu" lui dis-je. "Et naturellement, Charlemagnet, tu seras mon hôte ici jusqu'à dimanche si cela ne te dérange pas non plus. Je t'attends vendredi en début d'après-midi, et n'oublie pas que cette fois tu ne pourras pas venir en RER. Parce que la station St-Michel sera fermée pour raisons de sécurité. Viens en taxi pour une fois. Ce sera aussi rapide et plus pratique. Et puis tu seras aussi bien en voiture avec toutes tes affaires".
Mais comment fait-elle Bertille? A chaque fois qu'elle me demande quelque chose, je n'ai jamais dire pu lui dire non. Me voilà donc embarqué, contre toute attente, à une soirée où je vais devoir m'habiller en smoking à queue de pie. Mouais!... Bon bien sûr je vais rester chez Bertille quelques jours, car cela lui fera plaisir. Et à moi aussi... Et cela me permettra aussi d'en savoir un peu plus sur elle depuis notre dernière rencontre... Et puis, comme je peux aussi y travailler tranquillement dans mon coin la journée, cela ne me perturbera pas dans mes rédactions.
Bref si cela vous intéresse, je vous raconterais cette soirée papale et le reste dans quelques jours...
08:55 Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : moi, oslo, surprise, bertille, romaric, aliénor, blanche


