14.10.2008
Le lagon
A peine sorti de la cuisine, je prenais le virage conduisant à l'escalier intérieur et je m'étalais de toute ma hauteur, contre une commode Louis XV. Maria avait une fois de plus trop ciré le parquet. Cette fois ce n'était pas Aliénor et Blanche, qui chutaient à l'occasion d'une partie de cache-cache, mais bien moi. Le temps de reprendre mes esprits, et Bertille était déjà à mes côtés.
Elle m'aida à me relever. Nos yeux se croisèrent une nouvelle fois et je comprenais que sa dernière phrase, lancée avant que ne je détale, ne renfermait pas de la colère mais autre chose de plus passionnel. A nouveau, nos bouches se lièrent et cette fois nos corps se rapprochèrent irrésistiblement. Je sentais aussi les mains de Bertille m'enserrant délicatement. Comme pour faire durer plus longtemps encore ce moment...
Sans parler, Bertille saisît ma main et m'entraîna jusqu'à ma chambre. Elle tira le loquet pour fermer à clef mon petit domaine. J'étais juste derrière elle, toujours dans l'obscurité. Je l'attrapais alors par la taille et venait me coller contre son dos en déposant des baisers dans son cou. Bien vite, tandis que sa chemise de nuit et mon caleçon faisaient la causette sur le parquet, nos corps apprenaient à se connaître pour la première fois.

J'avais tant imaginé ce moment dans mes pensées intimes le soir avant de me coucher. Le corps de Bertille, si féminin, était si doux et chaud. Néanmoins la position debout était à la longue fatiguante, et nous échouâmes sur le tapis à côté du lit. Tels 2 dauphins effectuant une danse nuptiale dans les eaux turquoises d'un lagon, nos corps se disjoignaient et s'aimantaient au fil de notre acte d'amour... tant sur le parquet que sur le lit. Juste avant que le soleil ne se levât, nous filâmes dans ma salle de bains afin de prendre ensemble une douche réparatrice. La tentation était grande de continuer à user de nos sens. Ce que nous fîmes, mais plus rapidement que précédemment...
"Maman....Maman...". Blanche venait de se réveiller et réclamait sa mère. Bertille m'embrassa une dernière fois et fila.
11:48 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois
13.10.2008
Sur le nez
J'ai eu chaud cette nuit-là, très chaud. Et soif aussi. Très soif. Sans doute à cause des premières chaleurs du printemps ou des verres de bière ingurgités. Je me réveillais donc en sursaut, et en sueur, vers 3 heures du matin. Je décidais de descendre jusqu'à la cuisine pour me servir un verre d'eau gazeuse. Car je n'avais rien dans ma chambre. Que de l'eau du robinet, et pas fraîche. Tout le monde dormait bien tranquillement. J'entendais les divers ronflements venant des chambres tandis que je passais dans le long couloir de l'étage.
Au rez-de-chaussée, dans la cuisine, le calme régnait également. Et l'ordre aussi. Maria tenait parfaitement son rôle de cuisinière et de femme ordonnée. Tandis que je prenais mon temps pour boire mon Perrier, et que je rêvassais aussi dans la pénombre, assis sur un tabouret de la cuisine américaine, un bruit de pas approcha. Une ombre, que je reconnaissais, entra à son tour dans la pièce.
"Alors Charlemagnet, on se promène torse nu et en caleçon chez moi?"... Et oui, c'était Bertille, la maîtresse de maison. Elle aussi avait visiblement soif car elle alla directement vers le réfrigérateur et se servit la même chose que moi. "Je t'ai entendu passer dans le couloir, Charlemagnet! J'ai reconnu ton pas. Et comme j'avais soif aussi. Me voici donc!". Elle s'assit alors à côté de moi. Elle aussi était très peu habillée. Une jolie nuisette blanche, légérement décolletée, couvrant à peine ses genoux et sobrement ouverte sur les côtés. Heureusement que l'obscurité cachait mon regard, car sinon je n'aurais pas pu regarder dans sa direction. J'éprouvais une certaine gêne à pouvoir la détailler ainsi, presque librement, si près d'elle, à moins de 50 cm. Et outre son corps à moitié caché, même son parfum m'enivrait. Je baissais alors mes yeux jusqu'à ses pieds nus.
"Je te voir rougir d'ici, à me regarder dans le noir, Charlemagnet. Pourtant tu m'as déjà vu en maillot de bain. Et puis une femme est une femme, on est toutes pareilles!" me lança alors Bertille en riant...avant d'ajouter une réplique que je n'ai jamais oublié "Mais pourquoi rougis-tu autant à chaque fois que tu me vois désormais? Avant, tu n'étais pas comme ça? Qu'est-ce qu'il t'arrive? Aurais-tu un tracas intime?".
J'étais en décomposition totale. Et coincé. Quoi répondre? Je ne pouvais quand même pas lui dire que je l'aimais en secret depuis quelques mois. Que j'étais désespéré d'être aussi incapable de le lui expliquer. Elle avait 10 ans de plus que moi, était veuve et avait 2 enfants. Une liaison n'était pas concevable. C'était impossible et non conventionnel...Bref, une impasse...
Je pris alors mon verre, le terminait en une gorgée, descendait du tabourait et je me lançais. Tant pis pour les éventuels soucis qui pourraient advenir après. Je l'aimais trop et je n'avais pas envie de regretter cet instant toute ma vie. Je déposais aussitôt un petit baiser sur ses lèvres que je ratais. En plein sur le nez. Bertille ne hurla pas face à cette agression. Elle ne recula pas non plus. Je recommençais... et cette fois fut la bonne. Bertille ne me repoussa pas davantage. L'échange dura presque une minute avant que la réalité de la situation ne retraverse mon esprit.... Ooouuuhlahhhhhhhhhh... Je filais en courant jusqu'à ma chambre.
"Charlemagnet... attends!....ne pars pas" ...
09:00 Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois
10.10.2008
Le thé à la menthe
Bertille était donc devant la porte, avec un plateau dans les mains. Aliénor et Blanche étaient déjà couchées depuis une bonne heure et dormaient profondément. Les autres étudiants avaient déserté la maison, soit pour aller fêter la fin des examens (car les étudiants ont toujours quelque chose à fêter!), soit pour une soirée ciné-resto dans le quartier. Moi j'étais donc resté là, comme souvent ces derniers temps.
Bertille avait apporté du thé à la menthe, qu'elle adorait préparer elle-même avec de la vraie menthe séchée, et 2 tasses. "Je ne te dérange pas, j'espère, Charlemagnet?"... demanda-t-elle. "Non, non, bien sûr, entrez Bertille!" lui répondis-je, en m'effaçant du passage. "Vous permettez?" . Je récupérais alors le plateau et le déposais sur un petit guéridon. Ce cérémonial n'était pas nouveau pour moi, car bien souvent Bertille venait me voir ainsi, avec sa boisson préférée, pour papoter.
On commença donc à parler, d'abord de sa semaine passée chez sa soeur, puis de choses et d'autres. Au bout d'un bon quart d'heure, ma peur primale avait disparu et je ne voyais plus Bertille, non comme un amour inaccessible à refouler, mais comme une personne normale avec qui je m'entretenais naturellement, ou presque. La soirée passa très vite et un à un les étudiants commencèrent à rentrer. Certains se joignirent à nous, comme Paolo, Michael ou Kerstin. Ils avaient vu la lumière allumée de ma chambre et il n'était pas rare qu'on termine ainsi ensemble une soirée à discuter ou à chanter.
Ma chambre étant assez petite, tout le monde s'asseyait un peu comme il le voulait, à droite et à gauche, sur un bout de lit, sur un fauteuil, ou plus simplement par terre sur le parquet. Paolo et Kerstin, les 2 amoureux, se mirent côte à côte sur mon lit, et moi je me retrouvais alors à côté de Bertille, elle sur mon fauteuil Ikea, et moi sur un pouf. Michael arriva peu après, tout comme Marie et Sabine, et la discussion reprit sans discontinuer jusqu'au milieu de la nuit... Le départ des 2 amoureux sonna alors la fin de la soirée, au cours de laquelle du ravitaillement en bière avait même été apporté. Chacun décida alors de regagner sa chambre, totalement exténué et un peu gris, et Bertille me souhaita, comme aux autres, une bonne nuit.
Une nuit... que je n'ai jamais oublié en fait!
08:23 Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois
06.10.2008
La 1ère fois
Pendant mes 3 années de résidence chez Bertille, je vous ai déjà expliqué que souvent, le soir, elle me rejoignait dans ma chambre pour parler de choses et d'autres. Les contacts rapprochés initiaux cédèrent vite la place aux rapports physiques. Comment? C'est cela que je vais vous raconter...
Comme je vous l'ai déjà dit, Bertille était vraiment une magnifique veuve. Des cheveux blonds souvent attachés, une taille, des mains et des jambes si fines, de nombreux grains de beauté cachés ou non sur sa peau claire et douce... Vraiment tout pour plaire. Alors pour un jeune étudiant que j'étais, parler presque chaque soir avec une femme plus âgée, et aussi belle, était très troublant. C'était une autre dimension par rapport à la fac.
Pourtant avec les filles de la fac, cela se passait bien, je vous rassure. J'avais pu m'intégrer dans un groupe de provinciaux montés à Paris et on rigolait bien. J'ai fait plein de rencontres à cette époque. Certaines amicales, d'autres amoureuses. Le choix sur le campus était néamoins limité. Entre les bûcheuses invétérées, inintéressantes (et moches aussi), qui ne vous jetaient jamais un regard et qui ont dû, soit se recycler dans les ordres, soit s'enfoncer dans le célibat. Et entre les noceuses quasi professionnelles, pratiquement tout le temps imbibées d'alcool, qui multiplaient les rencontres, et les infections sexuelles aussi. Bref, aucun coup de foudre véritable...
En fait, je me suis rendu compte de l'importance de Bertille dans mes sentiments, lorsque celle-ci s'est absentée quelques jours chez sa soeur Bernadette. J'ai quasiment eu une petite dépression. Je mangeais quasiment rien. Je dormais très mal. Je tournais souvent en rond dans ma chambre et quelquefois je comptais même les heures jusqu'à son retour. A la fac, je parlais moins avec mes amis, j'évitais de m'attarder après les cours, et j'avais beaucoup de mal à être attentif en amphi ou en T.D. Le sourire de Bertille passait en boucle dans mon cerveau.
Bertille réapparut comme prévu en fin de semaine. Elle me demanda si tout s'était bien passé en son absence. J'acquiéçais de la tête, la gorge encore nouée. Elle passa la journée à s'affairer dans la maison et moi, je restais reclus dans ma chambre à réviser pour mes prochains partiels. Je ne descendais pas au dîner comme je le lui avais annoncé au moment de notre conversation de retrouvailles. Pourquoi?
Principalement parce que je me sentais incapable de la regarder dans les yeux durant le repas. Accessoirement car j'avais des tonnes de choses à apprendre, du moins à essayer. En plus, j'étais trop troublé en sa présence. Je devenais gauche dès qu'elle était à moins de 20 mètres. Je ne voulais pas que cela se devine. Quelques jours passèrent ainsi et le soir de la fin de mes partiels, elle se présenta à la porte de ma chambre.
Le moment tant redouté de notre tête à tête était arrivé. Mes sentiments pour elles s'étaient démultipliés depuis ces dernières semaines. Je n'arrivais plus à aligner 3 mots lorsque je la croisais. Par exemple, lorsqu'elle s'approchait de moi le matin pour me saluer, ou le soir lorsqu'elle me souhaitait une bonne nuit après que j'eus fait un rapide billard pour me décontracter. C'était horrible. Cela ne m'était jamais arrivé auparavant. Même avec Elsa..
Finalement, au bout d'une minute passée idiotement à trembler sur mes jambes, j'ouvrais la porte de ma chambre...
07:15 Lien permanent | Commentaires (51) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 1ère fois
26.09.2008
Jusqu'au petit matin
Au loin là-bas, remarques-tu, près du rivage,
Ces deux amoureux, bien sages,
Qui s’en vont marchant, main dans la main,
Ne pensant déjà qu’au lendemain…
Ne les vois-tu pas mon Amour ?
Ils se sont jurés de s’aimer toujours…
Regarde-les de plus près, Ils sont nous hier,
repartant sur de nouvelles bases, si fiers.
Avec elle, tu as oublié enfance et mauvais traitements,
D’hôpital, en thérapie tu as erré et pourtant…
De croire en toi, en nous, je n’ai jamais cessé,
Dix longues années, se sont ainsi écoulées.
La souffrance, la misère, chacun avons connu,
Malgré la douleur, dans l’ombre, je t’ai soutenu.
Après ces années de galère, tu t’en es sorti
Mais ce n’est pas pour autant que tu sois guéri.
Chaque jour, tu mènes un combat contre tes démons
Revenue à tes côtés, ensemble nous les vaincrons.
L’écume caressant leurs pieds, assis au bord du rivage,
Deux amoureux, pas bien sages,
S’embrassent comme au temps des fiançailles,
Et profitent largement de leurs retrouvailles
A aucun moment ils ne pensent à demain,
Ils s’aimeront ainsi, ardemment, jusqu’au petit matin.
08:00 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : bertille
20.09.2008
In mémoriam

"Meuchieu Charles! Meuchieu Charles, vous m'entendez?"
J'avais énormément de mal à ouvrir les yeux ce jour-là. J'avais passé une nuit très agitée, me réveillant en sursaut, et en sueur, une bonne dizaine de fois.
Mon cerveau repassait en boucle constamment la même image. Celle de Bertille, sourire aux lèvres, sortant de son immeuble, et happée par une moto en traversant la chaussée. Des secours qui arrivaient assez vite. Mais des soins inutiles à prodiguer, un filet de sang s'écoulant irrémédiablement de son oreille droite. Non!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
"Maria? Mais que faîtes-vous là à l'hôpital si tôt ce matin?". Il est à peine 7h30.
Dans la main de Maria, une enveloppe qu'elle me tend en tremblant. Et je remarque aussi son visage. Toujours souriant habituellement et là terriblement marqué par des sillons de tristesse. Des yeux rougis. Des cheveux non attachés...
J'ouvre vite l'enveloppe et je découvre ceci. Oh non!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
09:52 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : cauchemar, bertille, maria
16.09.2008
Nus comme au 1er jour...
Pendant notre escapade dans le Sept-Huit, Maria avait donc secrètement préparé notre soirée de retrouvailles, entre Bertille et moi, suivant en cela toutes les indications manuscrites fournies secrètement à l'avance. Elle avait dressé une superbe nappe blanche sur la table du salon et confectionné quelques-uns de mes plats préférés. Elle avait également préparé ma chambre... dans celle de Bertille. Avec deux oreillers dans le grand lit au lieu d'un. Ce que je ne savais pas encore, étant habitué à dormir dans la "mienne" jusqu'alors. Le top était le bain chaud, préparé spécialement pour 21h (à notre retour de Versailles!) avec bougies d'ambiance et musique douce en fond sonore.
"Tu viens Charlemagnet!" me lança-t-elle à peine chez elle, dans le grand appartement désormais en notre unique possession. Car Maria était rentrée à son domicile entre temps et tout était fin prêt, soit dans le frigo, soit dans les fourneaux, à être consommé. Bertille commença aussitôt à ôter et jeter ses ballerines en l'air du bout des pieds. Le pantalon et le boxer en soie rouge suivîrent dans la foulée tandis qu'elle se précipitait derechef dans la salle de bains. Le temps que j'arrive, elle avait déjà tout quitté et s'apprêtait à s'allonger dans la grande baignoire remplie. "Oh, Bertille! tu es bien en forme ce soir" lui dis-je alors, tout en me débarrassant de mon shorty, juste avant de la rejoindre dans l'eau bien chaude et pleine de mousse. "Ouahhhhh! c'est si bon...." Et c'est vrai que c'était bon. Un bon bain à 2. Avec caresses et baisers échangés d'abord discrètement puis de façon un peu plus fougueuse. Tant et si bien que l'excitation monta vite en chacun de nous. Bientôt, n'y tenant plus, nous sortîmes de l'eau, nous séchâmes à la va-vite et nous rejoignîmes à toute allure sa couette d'un blanc immaculé.
"Tu n'as pas grossi depuis toutes ces années, Charlemagnet! A cause de tous tes voyages répétés. Et c'est tant mieux! Tu es resté comme avant, si svelte. Et tes mains sont toujours si fines! C'est ce que j'ai aimé en premier chez toi! Tes longues mains! et tes yeux clairs aussi, qui m'ensorcèlent à chaque fois comme au 1er jour!... Quel dommage que nous ne nous soyions pas rencontrés plus tôt, avant Gonzague..." me sussura-t-elle à l'oreille, avant de la mordre, tandis que j'étais allongé de tout mon long, sur le ventre. Assise sur mes fesses, elle me massa délicatement, ponctuant le tout de multiples baisers furtifs. D'abord le cou, puis le dos, et enfin les jambes. C'était hyper reposant... mais diablement excitant. Elle enchaîna ensuite en s'allongeant sur moi et en se frottant tel un serpent. Je sentais parfaitement les courbes de ses petits seins si fermes. Son sexe aussi participait aux ondulations...
Au bout d'un moment, j'ai décidé de me retourner. Trop dur de ne rien faire! Je la fîs basculer contre moi. A mon tour de la caresser voluptueusement. Ses mains continuaient à me caresser et sa bouche à m'embrasser. Sans restrictions. Je remarquais alors un petit tatouage, tout près de son pubis. Une petite fleur de lys, avec 3 initiales désormais éternelles. Dans chacune des feuilles royales. ABC. "Aliénor et Blanche, je suppose.. et ...?". "et peut-être C.. comme ... Charlemagnet!" me répondit-elle sans vraiment percer le mystère. "Je souhaitais depuis bien longtemps me faire un tatouage. Mais Gonzague et Romaric n'auraient pas compris. Ils en étaient encore à la conception moyen-âgeuse de cette marque, alors destinée aux filles de mauvaise vie. J'ai franchi le pas voici 6 mois. C'est une jeune femme bien sous tout rapport qui est venue un jour à la maison pour le réaliser. J'ai voulu immortaliser sur ma peau ma filiation, avec la fleur de lys, et les lettres des 3 personnes qui me sont les plus chères désormais." conclua-t-elle.
"Ah!...si cela me concerne, c'est beaucoup d'honneur... mais notre relation, si distendue, est-elle destinée à être éternelle? " resongeais-je sans rien dire.
Grâce aux douces caresses incessantes que nous échangions à même le drap-housse du lit, car la couette avait glissé sur le parquet, mon esprit oublia bien vite cette réflexion. J'aimais passer tranquillement ma main sur ses belles courbes, de bas en haut, devant et derrière, m'attardant ici et là sur toutes ses zones érogènes ou non. Quel délice! Cela me permit aussi de me calmer un peu. Puis mes massages commencèrent à produire leurs effets. Bertille se laissa bientôt totalement aller et s'offrait déjà en partie. La chose que vous attendez tous se fit ensuite très naturellement. Et j'avoue que l'on s'endormît dans la position foétale une petite demi-heure plus tard.
C'est la faim qui nous réveilla. A peine vêtus, nous passâmes au salon pour profiter de l'excellent menu que nous n'avions pas consommé, lui. Entre autres, des noix de Saint-Jacques poélées au foie gras et accompagnées de quelques pâtes, ou une tarte tatin faite maison. Simple mais très correct. Le tout accompagnés d'un bon bordeaux rouge de 1987 (dont j'ai oublié le nom!). Un peu enivrés, nous laissâmes vite la table non débarrassée pour retourner au lit. Où nous profitâmes à nouveau du temps perdu pour recommencer à goûter aux plaisirs mêlés de nos corps. La nuit se passa ainsi. Entre réveils et amour. Et dimanche matin, lorsque nous ouvrîmes les yeux, la fatigue était totale...mais l'esprit du plaisir flottait encore dans l'air.
06:05 Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note | Tags : bertille
15.09.2008
Ma nuit avec le Pape...
Lorsque je suis arrivé vendredi en tout début après-midi chez Bertille, après avoir bien galéré dans les embouteillages en taxi, ce n'est pas Maria qui m'a accueilli. Mais Bernadette, la soeur de... Bertille. "Bonjour Charlemagnet, vous- z-êtes-z'étonné de me voir-z-ici, non?" me lança-t-elle, sur le pas de porte, avec son accent guindé d'un autre siècle. "Euh...... oui, c'est cela..." lui répondis-je. "Bertille va-z-arriver, ne vous-ze-inquiétez point! elle m'a juste confié le ssoin de vous z-accueillir et de patienter-z-avec-vous!" . "Ah!....." fis-je en quittant mon blouson et en posant mes bagages.
Effectivement, quelques minutes plus tard se présentait Bertille, avec une enveloppe à la main. "Tenez Bernadette, comme promis la voici" dit-elle en lui tendant la missive, tandis qu'elle me déposait un bisou sur la joue."Bonjour, Charlemagnet!...". Bernadette s'empara de l'enveloppe, remercia vivement sa soeur et fila avec ses mots: "Ah vraiment, Bertille. Ce que vous faites là z-est un divin-z-enchantement! Ze file vite pour z-aller me préparer". "Ah!..." fut ma réponse de salutations.
Je remarquais alors la tenue vraiment décontractée de Bertille. Chemisier blanc légérement ouvert, jean, et repetto noir aux pieds. "Mais tu n'es pas prête, Bertille?". "Prête pour quoi? Charlemagnet, l'autre jour, j'ai bien vu ta moue lorsque je t'ai annoncé notre soirée papale. Comme dans le même temps, Bernadette m'a sans cesse fait part de son grand sentiment de tristesse ne pas aller à la cérémonie du Couvent des Bernardins, j'ai décidé de lui céder nos places. Elle était enchantée lorsque je le lui ai dit. Et puis, tu sais qu'avec l'Eglise, avec tout ce qui m'est arrivée dans ma vie, j'ai une certaine distance avec désormais. Je préfère profiter de la vie tranquillement, et de toi aussi comme on ne se voit plus très souvent" m'expliqua-t-elle tandis que je restais bouche bée en pensant "Ah...!". Décidemment, mon vocabulaire était assez restrictif, voire primaire.
"Allez viens! on file vite maintenant. le taxi nous attends en bas de l'immeuble!" conclua-t-elle en me prenant la main. Le taxi traversa rapidement Paris, emprunta le périphérique et je ne savais toujours pas où nous allions. Bertille, très enjouée, monopolisait la conversation très très largement et comme d'habitude je n'avais pour toutes réponses que mes quelques mots du jour. Tout à coup, en voyant un panneau routier, mon cerveau se réveilla. "On va à Versailles! ...pour voir Jeff Koons!". "Eh oui. c'était cela ta surprise!" me répondit-elle. J'étais doublement ravi. On esquivait le Pape de la religion pour aller voir le Pape de l'Art Moderne. A Versailles, l'après-midi passa très très rapidement. L'exposition était somptueuse. Ce mélange de l'absolutisme royal inutile avec des objets contemporains totalement basiques faisait un décalage qui me convenait. De son côté, Bertille était plutôt attirée par le faste de ses ancêtres. Chacun y trouva donc son compte. Nous poursuivâmes notre excursion versaillaise dans les jardins du parc, puis par un chocolat chaud dans un petit salon de thé assez kitsch. Rentrés à Paris, Bertille nous avait fait couler, grâce à Maria, un bon chaud avant que ne débute notre longue nuit... sans le Pape.
08:46 Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : bertille, bernadette, la surprise, jeff koons
11.09.2008
Bertille (suite encore...)
Je ne vous ai pas dit. Mais lorsque je suis rentré d'Oslo assez éreinté mardi soir, en trifouillant mon courrier, mon regard a été interpellé par une lettre à en-tête de la maison de V... Bertille? J'ouvrais donc vite cette petite missive au format d'une carte de voeux et à l'intérieur je trouvais quelques mots hâtivement rédigés. "Mon cher Charlemagnet, je me permets de t'envoyer ces quelques mots, après 24 mois de silence (et j'espère que tu auras l'obligeance de m'accorder le pardon), car il faut que je te vois de toute urgence. Bertille." J'appelais dans la foulée au numéro indiqué sur la carte, qui n'avait en fait pas changé, et je tombais sur Maria. Toujours là elle! Celle-ci me passa alors Bertille.
"Charlemagnet, tu ne dois pas le savoir mais feu Romaric, mon nouveau mari, est décédé l'an passé d'une crise cardiaque. Je vis donc désormais seule ici dans ce grand appartement que tu connais. J'ai régulièrement des nouvelles d' Aliénor et de Blanche. Mais comme elles ont quitté Paris pour suivre leurs époux en province, je suis pratiquement souvent seule ici. Ce dont je ne me plains pas. Car lorsque tout ce petit monde débarque aux vacances, je prends vite conscience qu'être grand-mère est un métier éreintant". "Certes, certes" me dis-je "mais j'espère qu'elle va vite en venir aux faits". Après 5 longues minutes de palabres inutiles, j'appris alors que Bertille souhaitait que je l'accompagne à une réception privée.
"Charlemagnet, tu sais que sa sainteté Benoit XVI sera à Paris dès vendredi. L'ambassade de X.... m'a envoyé une invitation pour assister à un gala de bienfaisance vendredi en fin d'après-midi. Notre famille participant depuis des décennies aux oeuvres de charité d'une association d'aide aux orphelins lépreux, je me dois absolument d'y être. Et j'ai pensé à toi pour m'accompagner. Comme avant...". Aïe, aïe, aïe... le moins que l'on puisse dire, c'est que j'aurais préféré aller à Versailles avec elle voir Jeff Koons. Mais bon... "Entendu" lui dis-je. "Et naturellement, Charlemagnet, tu seras mon hôte ici jusqu'à dimanche si cela ne te dérange pas non plus. Je t'attends vendredi en début d'après-midi, et n'oublie pas que cette fois tu ne pourras pas venir en RER. Parce que la station St-Michel sera fermée pour raisons de sécurité. Viens en taxi pour une fois. Ce sera aussi rapide et plus pratique. Et puis tu seras aussi bien en voiture avec toutes tes affaires".
Mais comment fait-elle Bertille? A chaque fois qu'elle me demande quelque chose, je n'ai jamais dire pu lui dire non. Me voilà donc embarqué, contre toute attente, à une soirée où je vais devoir m'habiller en smoking à queue de pie. Mouais!... Bon bien sûr je vais rester chez Bertille quelques jours, car cela lui fera plaisir. Et à moi aussi... Et cela me permettra aussi d'en savoir un peu plus sur elle depuis notre dernière rencontre... Et puis, comme je peux aussi y travailler tranquillement dans mon coin la journée, cela ne me perturbera pas dans mes rédactions.
Bref si cela vous intéresse, je vous raconterais cette soirée papale et le reste dans quelques jours...
08:55 Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : moi, oslo, surprise, bertille, romaric, aliénor, blanche
09.09.2008
Bertille (suite)
Ce matin-là d'avril, toute la petite famille de Bertille était donc fin prête pour aller à l'église. Tout le monde s'était levé tôt afin de prendre le temps de se préparer méticuleusement. En effet, tout le village de A..... devait fêter ce jour-là son saint-patron, Saint-Stanislas, l'un des ancêtres directs de la famille de V..., mort au combat durant les croisades aux côtés du preux St-Louis, et qui avait été canonisé en 1587. Maria aidait les enfants à se préparer tandis que Gonzague était parti en éclaireur pour s'entretenir avec le curé. Bertille, de son côté, était ce jour-là assez nerveuse et il ne faisait pas bon lui parler. Quant à moi, je me prélassais encore au lit, la cérémonie se déroulant dans 3 heures.
A l'heure de la messe, nous étions tous réunis dans la nef lorsque le garde-champêtre arriva fort peu discrètement en courant, et essoufflé. "Un malheur, un malheur est arrivé!!" bredouilla-t-il. "M. de V. est mort!" "Quoi? mais ce n'est pas possible" pensais-je, "il est avec nous!". Mais Gonzague n'était pas là. Il avait été retrouvé dans un bois, le pantalon retroussé et pendu. Bertille éclata en sanglots et me demanda de ramener, avec Maria, les enfants au château. Ce que je fis. Plus tard dans la soirée, Bertille m' apprit que le 15ème descendant direct de Stanislas s'était suicidé par dépit amoureux. Il ne supportait plus sa déviance sexuelle qui le faisait souvent fréquenter le Bois de Boulogne. Bertille savait cela grâce à une lettre retrouvée dans une poche de sa veste. Comme nous étions assez complices suite à quelques contacts rapprochés, elle tenait à me le dire.
Je restais 3 années encore chez Bertille en tant qu'étudiant. Ma présence lui permis de remonter la pente et de ne pas sombrer dans la dépression. Certes, elle avait aimer Gonzague, mais plus comme une soeur que comme une amante. Leur mariage avait été arrangé comme bien souvent dans ce milieu aristocratique afin de préserver le caractère nobiliaire des descendants. Elle était donc triste de son départ mais sans plus. Dès cette époque, souvent, le soir, elle me rejoignait dans ma chambre pour parler. Les contacts rapprochés initiaux cédèrent vite la place aux rapports physiques. Bertille était si belle pour sa quarantaine. Des cheveux blonds souvent attachés, une taille, des mains et des jambes si fines, de nombreux grains de beauté cachés ou non sur sa peau claire et douce... Vraiment tout pour plaire. Notre liaison resta nécessairement discrète. Lorsque je quittais finalement Paris pour suivre une formation complémentaire à l'étranger, Bertille me remercia pour tout et m'indiqua que sa porte me resterait ouverte éternellement. Les années ont passé et j'ai toujours eu des nouvelles de Bertille. Depuis, elle a refait sa vie et lorsque nous nous revoyons, un regard suffit ...
10:34 Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : bertille, 11 avril, gonzague


