06.11.2008

Ni vu, ni connu...

059 quinte.jpgA peine entrés dans le vestibule, on s'attendait à rencontrer du monde mais personne...

Elsa m'a attrapé par la main (Ah! cette manie chez ces dames et demoiselles de toujours m'alpaguer de la sorte...mais vous croyez donc que je vais m'échapper au moment où le vent de l'amour se lève?...), et m'a entraîné jusqu'à la buanderie (c'était indiqué sur la porte!). La pièce était sombre. Des piles de serviettes bien pliées étaient posées sur une table à repasser, tandis que des draps tout aussi bien arrangés, et sentant délicieusement la lavande, attendaient de rejoindre les chambres sur un bureau des années 30. Elsa jeta à terre sa veste mouillée et me conseilla d'en faire vite autant.

Le temps pressait et notre tranquillité pouvait prendre fin à tout moment...Nous étions avides d'amour...

"Tu m'as tant manqué Charlemagnet...!! C'est terrible!! J'en étais à compter les jours, les heures et les minutes... J'avais tant besoin de te revoir, de sentir tes mains, de toucher ton corps, de te sentir en moi...". Elsa ne parla pas plus longtemps. Elle se lova à nouveau contre moi et le premier baiser de la journée fut échangé avec fougue. Le reste de nos vêtements suivit bientôt le chemin de sa veste, sur le sol, et, sans retenue, ce n'est pas au scrabble que nous jouâmes sur le bureau... Quel plaisir de se revoir enfin!! De s'aimer à nouveau...

Malgré l'absence, le corps d'Elsa était toujours si magique à mes yeux. Je l'avais toujours adoré. Je l'avais toujours apprécié. Et il était là, entre mes mains, toujours semblable. Un voile de bronzage témoignait du seul changement notable sur elle! Elle avait eu le temps de bronzer au bord de la piscine de son hôtel . C'était rigolo de découvrir ses parties cachées si blanches par rapport au reste du corps... 10 baisers, 100 baisers, 1.000 baisers furent nos cadeaux de retrouvailles... Avant qu'une voix ne retentisse dans l'entrée et nous oblige à battre en retraite.

Nous sortîmes alors de cette pièce comme nous y étions entrés une heure avant! En toute discrétion...

"Fais attention à toi Charlemagnet! Ca glisse encore, et c'est dangereux, à cause de la pluie..." me conseilla alors Elsa tandis que j'enfourchais mon solex. A la fenêtre, son père, étonné de me voir là pour la première fois (il ne me connaissait pas encore!), et ce jour-là, quelques heures à peine après leur retour de vacances du Maroc) m'adressa un rapide signe de la main! Auquel je répondais un peu gêné, bien évidemment...

Il était déjà l'heure que je rentre chez moi. J'avais tant de devoirs à faire encore pour le lendemain. Jour de la rentrée... Car je n'avais vraiment pas fait grand chose durant ces vacances... J'avais l'esprit ailleurs... Toujours obnubilé par Elsa.... Maths (beurk!!), Histoire (yes! ça c'est facile pour moi) et Français (Le Journal d'une femme de chambre)... Tel était mon programme du soir... Je quittais donc la maison d'Elsa, où je venais de faire ma première incursion depuis une semaine et ces maudites vacances de la Toussaint qui nous avaient séparés... J'avais 17 ans et Elsa 16... Mais cela vous le savez déjà... J'avais déjà abordé mon premier vrai amour voici quelques semaines...

04.09.2008

Elsa

"T'en vas pas... si tu m'aimes t'en vas pas...". Je n'aime pas cette chanson. Mais alors là pas du tout! Non pas à cause de ses paroles et de sa mélodie plutôt gentillettes, mais bien à cause de la chanteuse. Ou plutôt de son prénom. Elsa. Même si ceci est une histoire déjà un peu ancienne. Vous voulez sans doute quelques détails.

Bon et bien voilà, Elsa et moi avons eu une histoire commune au lycée durant la seconde et la première. Moi j'étais en public et elle en privé, mais cela fonctionnait assez bien malgré tout. On se retrouvait quelques fois après les cours en semaine, mais surtout on passait ensemble, en ville ou ailleurs, tous nos weeks-ends. J'étais donc sur un petit nuage. Qu'est-ce que c'est bien d'être sur un petit nuage à cet âge-là! On n'a pas de soucis, on est jeune et on rigole beaucoup. Elsa était vraiment mon alter-ego. Sur presque tout, on était d'accord. J'adorais aller chez elle, et m'enfermer de longs après-midi dans sa chambre pour discuter. Ou nous câliner. J'aimais également aller faire la fête le samedi soir en rallyes (mais là c'était plutôt assez coincé et guindé!) ou en soirées.

Et puis un jour, en première, dans notre petit groupe vint se greffer François, un plus jeune que nous, un "seconde", assez timide mais élégant, qui venait de son lycée. Jusque là rien de suspect. On était tellement nombreux dans notre bande. Ca entrait, ça sortait.... Puis, quelques mois après, se déroulèrent en peu de temps élections communales et législatives. Le père de François passa alors, de l'anonymat le plus total, aux responsabilités les plus importantes. Il entra même au Gouvernement. Et alors là, l'aura de François devint immensément et incroyablement important.

Rien à faire, c'était devenu la star des beaux-quartiers de la ville. Elsa commença à me parler de plus en plus de lui. De son chauffeur qui l'amenait et venait le chercher au lycée. Du policier de l'escorte. De son scooter dernier-cri aussi. De la garden-party prévu au ministère, etc etc.... J'appris aussi qu'Elsa sortait sans moi quelquefois en semaine désormais. Bref, la jalousie montait, montait... Et le bac de français se profilait lui aussi à grande vitesse. Et ce qui devait arrivé arriva... Lors d'une soirée un peu arrosée à laquelle je n'avais pas été. Car organisée la veille des épreuves orales.  François et Elsa sortirent ensemble. J'appris cela rapidement. Très ébranlé mais pas cassé. Je passais alors, un peu dans un état second, mes oraux. Elsa, très gênée, vint me voir à l'issue des épreuves et m'expliqua que ce n'était pas si accidentel. 

Nos 2 barques s'éloignèrent alors en quelques jours irrésistiblement. Pour moi ce fut difficile. Très difficile car je tenais beaucoup à elle. Je ne sortais plus de ma chambre. Ou alors simplement pour aller faire un tour en solex. Pour elle au contraire ce fut plus simple et facile. C'était la grande vie... L'été passa donc , sans nouvelles. A la rentrée, on se revit par hasard, en simple ami, de temps à autre le samedi. Avec  François, l'aventure ne dura guère. Et après François, ce furent Jean-Charles, puis Antoine.... qui se succédèrent. Horrible!

 Je mis beaucoup de temps à la remplacer. Et à vrai dire je n'ai jamais vraiment pu la remplacer...