08.09.2008
Bertille
Lorsque je suis arrivé à Paris, après le bac, j'ai été hébergé dans une famille, pas très loin du Boulevard St-Michel, dans le quartier Latin. J'avais eu cette adresse par un ami d'un ami... qui connaissait quelqu'un... qui louait chaque année plusieurs de ses chambres à des gens (bien sous tous rapports) fréquentant des rallyes. Ce que je faisais épisodiquement car c'était terriblement ennuyeux!
J'avais été reçu un samedi après-midi du début juillet à l'heure du thé par M. et Mme de V... dans leur appartement duplex de 350 m2 environ en rez-de-jardin. J'avais eu droit à toute une batterie de questions sur moi, ma famille, mes études... et la religion. M. et Mme de V... ayant un fort sentiment religieux, il était indispensable à leurs yeux que leurs futurs hôtes soient du même accabit. Dans ce domaine particulier, je maîtrisais assez bien chants et prières, même si je pratiquais de moins en moins, voire quasiment jamais. Enchantés de leurs entretiens, M. et Mme de V... me firent savoir quelques jours plus tard que j'avais été retenu.
J'emménageais donc en plusieurs fois, courant septembre, par le biais du train car je n'avais pas encore mon permis auto: la 1ère fois ce furent mes quelques affaires, la 2nde mes lourds livres et la 3ème mon rutilant solex rouge. Gonzague de V... étant souvent en déplacement à l'étranger, ce fut son épouse Bertille qui m'accueillit alors et me présenta sa maison. En rez-de-jardin, le salon, la salle à manger, la cuisine, la bibliothèque, la salle de billard, le bureau de Monsieur, la buanderie et la chambre de la bonne, Maria. Au 1er étage, il y avait les chambres et les salles de bains. Inutile de dire que j'étais tombé sous le charme de cette pépite immobilière qui alliait calme, confort, espace et design.
Les repas se prenaient en commun à heure fixe (20h), et le soir j'avais la permission de minuit en semaine (si je ne dînais pas) et de 3 heures le week-end. Le vrai paradis. Mais je n'en abusais pas. De surcroît, les autres étudiants étant assez sympas, j'appréciais de pouvoir échanger de longues heures sur nos jeunes destinées. Ce qui fait que je sortais donc peu. Juste ce qu'il fallait. Ainsi, entre mes études, les quelques sorties au cinéma, et les nombreuses discussions dans ce nouveau "chez-moi", le temps passait rapidement.
Avec M. et Mme de V..., les rapports étaient également excellents. Comme je ne pouvais pas rentrer chaque week-end dans ma ville natale, ceux-ci m' invitérent souvent à participer à leurs sorties en famille. Ils m'initièrent aux secrets du Louvre, me montrèrent la face cachée de nombreux autres monuments de la Capitale ou m'apprîrent à apprécier l'Art Moderne. Tout se passait bien et les semaines continuaient à défiler. Noël arriva bien vite. Février passa à 1.000 à l'heure. Puis arriva ce jour fatal du 11 avril, alors que nous séjournions tranquillement depuis quelques jours dans leur maison de Bretagne....
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