08.10.2008
Le petit chat est mort
Quand cela arrrive, on est toujours assez peiné. C'est comme pour un animal familier, qui vivait à côté de soi, et que l'on croyait éternel. Et qui, un beau matin, n'est plus là pour vous lécher la main ou venir miauler à votre oreille.
"Le petit chat est mort". Vous vous souvenez de cette réplique d'Agnès dans "L'école des femmes" (acte II, scène V). Triste. Très triste. Et bien voilà, je dirais que je suis triste, très triste. Car Henri, vous vous rappelez d'Henri, est mort. Depuis le temps que je m'en doutais, à force de le voir si usé, et la cigarette quasiment greffée à la lèvre inférieure.
Henri, mon rédac-chef, ce vieux briscard de l'édition, comme j'aimais à l'appeler, est mort la semaine passée. Non pas à cause du tabac, ce qui aurait été une mort lente et difficile. Non il est mort d'un coup, sans s'en rendre compte, ont expliqué les gendarmes à sa veuve. Henri* rentrait d'un week-end en Bourgogne par les petites routes. A la nuit tombée, sur une départementale, un sanglier a traversé devant sa C3 et le choc a été rude. Sa femme n'a rien eu. Mais Henri, qui ne s'attachait plus depuis des années, à cause de son ventre proéminent, a été éjecté. Tué net. Retrouvé par les pompiers dans le fossé.
Je suis allé, c'est assez normal, à ses obsèques en Alsace qui se sont déroulées 2 jours après. Quelle rapidité! Lui qui aimait tant profiter de la vie. Il n'a guère eu le temps de rester mort. Ce qui a arrangé en fait sa remplaçante. Mme L.. Qui n'a pas pu faire le déplacement. Elle n'avait pas le temps. Du coup, je l'ai rencontré le lendemain (car j'étais convoqué!) dans "son", enfin l'ancien bureau d'Henri. Et on peut dire que la transition n'a pas traîné. A la place du fourbi habituel, tout avait été nettoyé en quelques jours de fond en comble, et les objets personnels jetés ou récupérés par la famille. Les meubles ont été changé pour du moderne, et les murs peints tout en blanc. Pas mal d'ailleurs!
Mais revenons-en à Mme L. Car je pense qu'elle vous intéresse un peu quelque part cette nouvelle "prêtresse" de l'édition.
Physiquement, c'est une belle femme brune (j'ai le droit de le dire quand même! et arrêtez d'imaginer des trucs!) de 40 ans. Mariée et 3 enfants. Professionnellement, elle a fait toute sa carrière jusqu'à présent chez un de nos concurrents et a été approché indirectement par des chasseurs de têtes depuis quelques mois. Car Henri était à 6 mois de la retraite.
Notre premier contact a bien commencé. Nous avons pu dialoguer courtoisement afin de nous présenter.
Ensuite, cela s'est gâté lorsqu'elle m'a avoué d'un air gêné qu'elle refusait mes 3 articles sur l'Amérique du Sud en instance, arguant du changement de ligne éditoriale. Elle m'a d'ailleurs montré la nouvelle maquette, sur laquelle un petit groupe de cadres du groupe travaillaient secrètement avec une agence de pub depuis 1 ans. Les reportages à l'ancienne sont visiblement terminés. Désormais nous devrons coller au plus près à l'actualité. Un plan social a même été prévu "en raison des surcoûts de la masse salariale".
C'était à prendre ou à laisser. J'ai pris. Sinon c'était la porte! Mais la pilule est amère. Et j'ai bien l'impression que je vais devoir désormais composer avec une petite nièce de Dracula. Tellement elle a les dents longues et le sang-froid! Brrrr!...
Jusqu'à quand le félin que je suis va t-il tenir professionnellement?... car la guerre semble bien déclarée...

09:34 Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : travail, henri, mme l., amérique du sud
03.09.2008
La rentrée
Ce matin, j'ai donc fait ma rentrée. Dur, dur de se lever après toutes ces chaudes journées tranquilles à lézarder, et à profiter aussi de la vie, au bord de l'Atlantique. J'avais donc rendez-vous à 8h45 (je sais, c'est très tôt mais cela m'arrange!) chez mon boss dans une tour grise de la Défense.
J'ai auparavant passé la nuit dans un hôtel au centre de Paris, avec une jolie vue sur la Seine, afin d'éviter de prendre un train trop tôt. Bref...
Après avoir pris ces horribles transports en commun, où la promiscuité malodorante se conjugue souvent avec les regards totalement vides et hagards de ses passagers, j'ai pu me présenter juste à l'heure à mon magazine.
Mes articles ont été rapidement parcourus par Henri* et ponctués, comme d'habitude de "vouais", "ah bon? tant que ça!", "pas possible" ou "hemm!". Avec ce vieux briscard de l'édition, déjà trop usé par les cigarettes et les années, cela se passe généralement souvent toujours comme ça! Pas possible d'en savoir plus, objectivement. Il faut toujours attendre quelques jours et son appel téléphonique, généralement à des heures insensées, pour savoir si oui ou non les articles passeront ou non dans un des prochains numéros. Du coup, moi cela ne me stresse pas plus que cela désormais. Car heureusement que j'ai d'autres activités rémunératrices annexes.
Mais cela est une autre histoire....
(* le prénom a été modifié)
12:17 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : travail, henri


