04.09.2008

Elsa

"T'en vas pas... si tu m'aimes t'en vas pas...". Je n'aime pas cette chanson. Mais alors là pas du tout! Non pas à cause de ses paroles et de sa mélodie plutôt gentillettes, mais bien à cause de la chanteuse. Ou plutôt de son prénom. Elsa. Même si ceci est une histoire déjà un peu ancienne. Vous voulez sans doute quelques détails.

Bon et bien voilà, Elsa et moi avons eu une histoire commune au lycée durant la seconde et la première. Moi j'étais en public et elle en privé, mais cela fonctionnait assez bien malgré tout. On se retrouvait quelques fois après les cours en semaine, mais surtout on passait ensemble, en ville ou ailleurs, tous nos weeks-ends. J'étais donc sur un petit nuage. Qu'est-ce que c'est bien d'être sur un petit nuage à cet âge-là! On n'a pas de soucis, on est jeune et on rigole beaucoup. Elsa était vraiment mon alter-ego. Sur presque tout, on était d'accord. J'adorais aller chez elle, et m'enfermer de longs après-midi dans sa chambre pour discuter. Ou nous câliner. J'aimais également aller faire la fête le samedi soir en rallyes (mais là c'était plutôt assez coincé et guindé!) ou en soirées.

Et puis un jour, en première, dans notre petit groupe vint se greffer François, un plus jeune que nous, un "seconde", assez timide mais élégant, qui venait de son lycée. Jusque là rien de suspect. On était tellement nombreux dans notre bande. Ca entrait, ça sortait.... Puis, quelques mois après, se déroulèrent en peu de temps élections communales et législatives. Le père de François passa alors, de l'anonymat le plus total, aux responsabilités les plus importantes. Il entra même au Gouvernement. Et alors là, l'aura de François devint immensément et incroyablement important.

Rien à faire, c'était devenu la star des beaux-quartiers de la ville. Elsa commença à me parler de plus en plus de lui. De son chauffeur qui l'amenait et venait le chercher au lycée. Du policier de l'escorte. De son scooter dernier-cri aussi. De la garden-party prévu au ministère, etc etc.... J'appris aussi qu'Elsa sortait sans moi quelquefois en semaine désormais. Bref, la jalousie montait, montait... Et le bac de français se profilait lui aussi à grande vitesse. Et ce qui devait arrivé arriva... Lors d'une soirée un peu arrosée à laquelle je n'avais pas été. Car organisée la veille des épreuves orales.  François et Elsa sortirent ensemble. J'appris cela rapidement. Très ébranlé mais pas cassé. Je passais alors, un peu dans un état second, mes oraux. Elsa, très gênée, vint me voir à l'issue des épreuves et m'expliqua que ce n'était pas si accidentel. 

Nos 2 barques s'éloignèrent alors en quelques jours irrésistiblement. Pour moi ce fut difficile. Très difficile car je tenais beaucoup à elle. Je ne sortais plus de ma chambre. Ou alors simplement pour aller faire un tour en solex. Pour elle au contraire ce fut plus simple et facile. C'était la grande vie... L'été passa donc , sans nouvelles. A la rentrée, on se revit par hasard, en simple ami, de temps à autre le samedi. Avec  François, l'aventure ne dura guère. Et après François, ce furent Jean-Charles, puis Antoine.... qui se succédèrent. Horrible!

 Je mis beaucoup de temps à la remplacer. Et à vrai dire je n'ai jamais vraiment pu la remplacer...